Yessis n Teryel

Amuggar n Teqbayliyin - Forum des femmes kabyles


    Les islamistes inventent leurs féministes

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    louisa
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    Nombre de messages : 262
    Date d'inscription : 02/01/2007
    03012007

    Les islamistes inventent leurs féministes

    Message par louisa

    En Occident, les femmes célèbrent le 8 mars, Journée internationale de la femme, sous le signe des luttes pour la parité dans les institutions, toutes les institutions (politiques, économiques, syndicales...), pour l’équité salariale dans le milieu du travail, contre le harcèlement sexuel, contre la violence conjugale, etc.

    Elles sont à l’avant-garde de débats qui se posent de manière de plus en plus aiguë et controversée dans la société occidentale : le mariage des homosexuels, l’accès des femmes à la prêtrise, la reconnaissance des « travailleuses du sexe »... Il est vrai qu’on est loin de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges (1791) pour les droits à l’égalité, du Mouvement de libération des femmes des années 60 et du droit à « la pilule bonheur ».

    Il est aussi vrai que le féminisme occidental, aujourd’hui, s’interroge : entre les féministes socialistes, les féministes syndicalistes, les féministes radicales (notamment américaines), les féministes essentialistes... les débats font rage sur l’évaluation des acquis de plus de trois décennies de luttes féministes, acquis si contradictoires et déroutants.
    En effet, des voix féministes crient au scandale qu’après tant de luttes, les femmes tardent à investir les hautes sphères du pouvoir politique et économique, ce « plafond de verre » qu’elles n’atteignent jamais, le sexisme est loin d’être une pratique marginale, l’égalité face aux tâches ménagères est un « mythe » pour certaines, le savoir et même le langage sont sexistes...
    Le féminisme occidental a peur : peur de perdre ses acquis constamment remis en cause par les mouvements d’extrême droite, le grand capital, la déroute économique que l’on sent proche (globalisation oblige) et la montée des fanatismes religieux...

    Pendant ce temps, d’autres voix féministes, telle E. Badinter, s’élèvent pour dénoncer les dérives d’un féminisme radical dont les conséquences sociales sont désastreuses : les taux de divorce sont effrayants, l’éclatement de la cellule familiale traditionnelle a vu l’augmentation des familles monoparentales, la dévalorisation et/ou l’absence de modèle masculin, l’hypersexualisation des jeunes filles, la banalisation du sexe... Pire, les femmes, grisées par leurs succès professionnels, sont tout simplement désenchantées !

    Bref, le féminisme occidental, après avoir ébranlé les bases du patriarcat, doute !

    Dans cette symphonie des incertitudes, les islamistes, tranquillement, ont placé leurs pions au nom, paradoxe des paradoxes, de la démocratie et des « libertés et droits individuels ». Ainsi, naissent les féministes islamistes (ou islamistes féministes) sur les terres des plus grandes démocraties laïques du monde !

    Longtemps, ces « féministes » d’un nouveau genre ont surtout activé dans le sillage des mouvements de gauche, souvent « intronisées » au nom de la lutte contre le racisme, de l’exclusion, de la tolérance, du droit à la différence, du multiculturalisme, du dialogue interculturel, etc.
    Elles recevaient des appuis et des solidarités qui feraient pâlir n’importe quelle militante féministe des pays « arabo-musulmans ».

    Aujourd’hui, ces islamistes féministes (ou féministes islamistes) ont acquis leur autonomie doctrinale et ont acquis suffisamment d’expérience politique et militante pour jouer dans la cour des grandes !

    Elles connaissent suffisamment les lois, les institutions et les chartes des libertés et droits des pays occidentaux pour en user à leur profit !

    Ainsi, en octobre 2005, s’est tenu à Barcelone, avec l’appui de la région de Catalogne le premier congrès international du féminisme musulman qui a vu se rassembler plus de 400 militantes et intellectuelles « musulmanes » pour expliquer au monde que la religion musulmane n’est pas « essentiellement » oppressante. Mieux, ces féministes qui revendiquent leurs « droits humains » à partir de leur référence musulmane, soutiennent que le dogme musulman n’établit aucune hiérarchie, qu’il permet à la femme de s’instruire, de travailler... et que le croyant musulman est un « genre neutre ».

    Ces féministes ont démontré qu’elles ont parfaitement « assimilé » les outils d’analyse du féminisme occidental. D’ailleurs, beaucoup parmi elles, telle que Asma Basra, enseignante dans une université américaine, avouent avoir « une dette » vis-à-vis du féminisme occidental dans ses analyses sur le patriarcat, ses méthodes et moyens d’action.

    Dans tous les pays occidentaux, les islamistes féministes passent à l’offensive et réclament plus de droits : le droit au voile, à la séparation des sexes dans les sphères publiques (soins, loisirs...)... Elles soutiennent même le droit aux tribunaux islamiques !

    Au même moment, les droits fondamentaux et individuels des femmes peinent à se frayer un chemin dans les pays arabo-musulmans, malgré la pression des institutions internationales, comme le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (ONU).
    Les femmes y sont toujours otages d’une religion qui tarde à finir son Moyen Âge et de lois rétrogrades inimaginables en Occident.

    Il est à espérer que les féministes occidentales se remettent de leur gueule de bois et sachent où placer leurs solidarités. À moins qu’elles aient besoin, elles aussi, d’un dessin !

    En ce 8 mars 2006, je ne peux m’empêcher de penser à toutes les jeunes femmes kabyles, ces bourgeons qui éclosent à l’ombre de la peste verte, à toutes celles qui luttent humblement, avec les « moyens du bord », pour imposer leur respect, leur existence dans un pays de déni.
    Acte, certes, dérisoire. Insignifiant. Ainsi vont les petites gens. Les petits peuples !

    Louisa
    http://http://www.feminisme.ch/article.php?sid=188
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    Message le Mer 10 Jan - 18:12 par amazir9999

    il y a même des femmes qui vont jusqu'a exigé une sage-femme de sexe feminin lors de l'accouchement...

    Message le Dim 16 Sep - 13:25 par Kayou

    Depuis des années dans les pays d'europe de l'est, on apprend aux hommes à ne pas oublier la journée de la femme. Par exemple, les petits garçons apportent des fleurs à leurs professeurs femmes; ou encore, les époux doivent offrir un présent à leur épouses et parfois à leurs filles.
    Cest dire dans les pays du sud combien nous sommes en retard!!
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    Message le Jeu 27 Sep - 5:06 par louisa

    Azul,

    Quels pays du Sud?

    Peux-tu élaborer un peu plus, cher Kayou?

    L.

    Message le Mar 2 Oct - 13:54 par Kayou

    Bonsoir,
    En fait, je parle des pays d'europe de l'est et particulièrement de la Roumanie; plusieurs de mes amis (es) roumains (es) m'ont parlé de cette fameuse journée où il ne fallait pas oublier des cadeaux aux femmes ( institutrices, mères, épouses, fiancées etc...) sinon.....
    De plus, mes amis roumains ne se connaissent entre eux pas donc cette journée doit vraiment exister!!
    Ils ont sutout été choqués de voir comment la journée de la femmes était perçue en France car une majorité de personnes dont beaucoup de femmes ne connaissent pas la date!!!

    Kayou.
    pour plus de précision je demanderai à mes amis.

    PS: Je suis une française d'origine kabyle

    Message le Mer 3 Oct - 5:21 par Kayou

    Du coup, je n'ai pas réondu à la question et je m'en escuse!!
    sont considérés comme pays du sud de l'europe (en excluant ex europe de l'est) Une grnade partie de la France, le Portugal, l'Espagne, l'Italie, la Grèce et la Turquie. J'en ai peut-être oubliés.

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