Yessis n Teryel

Amuggar n Teqbayliyin - Forum des femmes kabyles


    Nna HNIFA, Une granda âme partie trop tôt

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    taninna

    Féminin Nombre de messages : 21
    Localisation : Paris -AT YIRATEN
    Date d'inscription : 01/08/2007
    13092007

    Nna HNIFA, Une granda âme partie trop tôt

    Message par taninna

    Icône de la chanson kabyle, dont la vie « ne fut qu’un ténébreux orage, traversé ça et là par de brillants soleils », Hnifa restera, sans conteste, l’artiste qui aura marqué la chanson féminine kabyle du XXe siècle.



    Née le 4 avril 1924, Ighil Larbaa Zoubida de son vrai nom est originaire du village d’Ighil-Mehni, petite localité maritime dans la commune d’Azeffoun.. Sa famille, comme tant d’autres, a fui l’hostilité de la campagne kabyle pour chercher à Alger, des conditions de vie plus clémentes.



    La seconde guerre mondiale et le débarquement allié dans la capitale précipitent le retour au village d’origine où la jeune fille y mène l’existence sans relief d’une montagnarde berbère. Elle se passionne pour la poésie et, comme toute femme kabyle, agrémente chacun de ses instants par des chants. C’est aussi tout naturellement qu’elle exprime publiquement son talent lors des fêtes de femmes organisées au village où sa présence est particulièrement appréciée.



    Comme il est alors d’usage, elle est mariée au sortir de l’enfance. Ce mariage convenu n’est qu’une parenthèse qui se referme bien vite par la séparation du couple. De retour auprès des siens, elle est le témoin de l’émiettement progressif de son cocon familiale ; la mort accidentelle de l’un de ses frères, puis la répudiation de sa mère, quelques temps après, finissent par faire éclater les derniers vestiges de son univers. C’est ainsi que débute « le prélude à la vie d’errance » de la jeune femme.



    A la fin des années quarante, elle s’installe à Alger, chez son frère aîné, dont elle épouse l’un des proches amis. Second mariage et seconde désillusion. De cette union naît son unique fille, celle qui apaise sa solitude et partage tout le poids de sa misère. A nouveau « libre » mais livrée à elle-même, elle est contrainte à de petits emplois qui lui permettent de glaner quelques subsides.



    Sa rencontre, en 1951, avec Lla Yamina change le cours de son destin et constitue le premier jalon de sa carrière artistique. Celle-ci la présente à madame Lafarge qui anime alors une chorale féminine dans laquelle se côtoient des artistes précurseurs dont Chérifa, l’autre grande dame de la chanson kabyle. Hnifa fréquente assidûment la chorale entre 1951 et 1957. Elle s’y affirme et ne tarde pas à faire son apparition à la Radio sous la direction de l’orchestre de Cheikh Norredine, s’y produisant une fois par semaine, accompagnée de la chorale ou en solo. C’est ainsi que Zoubida la fière villageoise élevée dans le nnif disparaît à tout jamais et laisse place à Hnifa, l’artiste marginale qui chante son vécu et ses souffrances. Le succès est immédiat.



    En 1957, comme des milliers de ses compatriotes, la jeune femme fait « le choix » de l’exil, dans l’espoir d’un horizon moins sombre et sans doute aussi afin de s’émanciper de la tutelle d’une société oppressante à bien des égards. Elle franchit la méditerranée et pose sa valise à Paris. Hnifa y mène la vie d’une bohème, se produit dans les cafés devant un public exclusivement masculin, bravant ainsi le code strict de la morale kabyle. Elle vit son art comme un exutoire à ses souffrances, chante avec force la triste condition de l’exilé, le désarroi des femmes délaissées et les tourments de ses sœurs kabyles.



    A Paris, son chemin croise, à nouveau, celui de Kamal Hamadi rencontré quelques années plus tôt à Alger. Il devient son ami et l’auteur de textes qui la sublimeront. Ensemble, ils enregistrent, en 1959, un duo mémorable, yid-em yid-em, puis il compose pour elle, douze autres titres taillés à la mesure de sa vie et de ses sentiments. Des oeuvres, aujourd’hui, devenues patrimoine de la chanson kabyle.



    De retour à Alger, quelque temps après la proclamation de l’indépendance, dans un pays en quête d’identité, Hnifa essaye, tant bien que mal, d’exister. Elle se résout finalement, en 1973, à reprendre le chemin de l’exil. Sans le savoir, elle quitte son pays pour ne plus jamais y revenir de son vivant. Durant les dernières années de sa vie, ses apparitions sur scène sont rares. Minée par la solitude et rongée par la maladie, Hnifa « la Rebelle », Hnifa « la poète maudite », celle qui a erré entre Azeffoun, Alger et Paris rejoint son domicile éternel parmi les étoiles. Le 23 septembre 1981, elle s’éteint dans l’anonymat. Son corps est rapatrié dans son pays natal et inhumé au cimetière d’Al Alia, à Alger. Elle laisse un répertoire riche d’une centaine de chansons dont beaucoup retentissent encore « sur la lèvre des hommes ».





    C.P. All rights reserved





    (PS : je tenais à signaler que ses anciens albums ont été remasterisés et réédités par CREATIVPRODUCTIONS ces derniers mois, des musts ...)



    Tan'
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    Message le Jeu 13 Sep - 13:55 par louisa

    Azul Tanina, ak,

    En effet, une grande femme de la chanson kabyle. Du temps où chanter, pour une femme, était se mettre à la marge.

    L'itinéraire de cette femme, de cette génération de femmes devrais-je dire, doit être écrit de façon plus recherché, en levant le voile sur leur parcours de vie fait de renoncements, de répudiations, de mise à l'écart. à elles seules, ces chanteuses sont une peinture de moeurs sociales kabyles. Pourquoi les étudiants-surtout les étudiantes, les chercheurs et surtout chercheurEs en littérature kabyle ne cherchent pas à faire un travail fouillé sur sa biographie au lieu qu'ils-elles s'agglutinent toujours sur les mêmes sujets: Bururu yecan tayazit!

    En écrivant nos vies, on réfléchira sur nos misères, notre arriération, nos «non-vies». et peut-être serions-nous tellement effrayés par notre misère morale, intellectuelle, affective, que nous serions tentés de CHANGER!

    Bref, dis-moi Tanina, où trouver ses CD? J'en suis une admiratrice. Je l'écouterai en souvenir du temps où j'avais vingt ans! Very Happy

    L.

    Message le Sam 5 Juil - 12:36 par ania

    azul fellawen moi je suis toute vouvelle dans ce forum et ça me plais beaucoup

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