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    "Si Mohand U M'Hand" L'INSOUMIS

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    allouchehakim

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    15022009

    "Si Mohand U M'Hand" L'INSOUMIS

    Message par allouchehakim

    Rencontre cinématographique:


    « Si Mohand U M’Hand », L’INSOUMIS :
    L’après midi du 11février 2009, a eu lieu la projection du film « Si Mohand U M’Hand », L’INSOUMIS de Rachid Benallal et Liazid Khoudja au 3 Luxembourg à Paris (75), l’une des salles et partenaires des rencontres cinématographiques, Le Maghreb des films Paris Banlieue diffusés du 11 au 17 février 2009: Association Coup de soleil, Jean Vigo à Gennevilliers (92), Magic Cinéma à Bobigny (93), Jacques Prévert à Gonesse (95) avec le soutien de Berbère Télévision, Mairie de Paris, l’Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et l’Egalité des Chances et le Ministère des Affaires Etrangères et Européennes.
    Je voulais à tout prix voir ce film. J’attendais mon ami Merouane, enfant d’Ighil Ali, rue Charenton pour lui remettre un courrier administratif important car il en avait besoin pour cet après midi-là. Il est venu plus tard que prévu. Après ce rendez-vous, j’ai pris de suite le bus 87 (Champs de Mars- Porte de Reuilly). Malheureusement, je suis arrivé quelques minutes de retard dans la petite salle, sise au 67, rue Monsieur le Prince dans le sixième arrondissement.
    A mon arrivée, je dis bonjour à la charmante dame au guichet vêtue en chemisier rose. Elle est blonde, grande et fine. Autour de son cou, elle porte gracieusement un collier noir. Je lui demande s’il n’est pas trop tard de voir le film. Son sourire accueillant m’invite à rentrer. Soulagé, je profiterai volontiers du temps restant de la séance. Je croise un jeune homme qui était debout devant cette porte d’entrée en accordéon. Il a reconnu de suite que je suis kabyle. Je l’ai rencontré à la fin de cette séance ; c’était finalement Youcef Lalami, jeune réalisateur franco-kabyle du film documentaire inédit « Lounès Matoub, la voix d’un peuple » (50mn, France, 2008, en kabyle).
    Sans tarder, mon billet à la main, je rentre directement à la salle N°1. Il fait tellement noir que je ne vois absolument rien. J’ai surtout peur de marcher sur quelqu'un dans l’obscurité aveuglante à l’intérieur de la salle. J’étais vraiment sur le point de faire demi-tour. Le changement de la lumière du jour vers l’obscurité de la salle est brutal pour mes yeux. Soudain, cette première impression s’est dissipé en écoutant la voix de ce jeune homme appelant passionnément sa bien aimée auprès de la fontaine: Yamina ! Yamina ! Yamina ! C’était Si Mohand U M’Hand. Sur sa tête une chéchia rouge, habillé en blanc, il est complètement absorbé par le regard divin dont il est follement amoureux.
    Je me sens emporté à cette époque oubliant que c’est une image d’un personnage qui joue le rôle de ce grand poète. C’est un voyage fabuleux plein de poésie.


    Depuis la fin de dix neuvième siècles à ce jour, il y a tant de questions pour ce personnage qui hantait la mémoire collective de Kabylie. Par conséquent, le vœu d’avoir de réponses exactes et convaincantes est éminent. Nous avons beaucoup entendu de poèmes transmis par la tradition orale mais également de nombreuses histoires, souvent controversées, racontées à propos de sa vie, du genre: homme à femme, impuissant sexuel, homosexuel, poète hors norme,… Il faut dire que j’ai été impatient de voir la version des faits de ce voyage.
    Sans parler des considérations techniques et matérielles qu’il fallait mettre en œuvre pour aboutir à la réalisation de ce projet, la curiosité est grande de savoir quelle est la part de vérité des versions controversées? Comment les deux réalisateurs ont pu se fixer une ligne directrice pour reconstituer l’histoire de cet homme ? À quel moment, étaient-ils entièrement convaincus de la bonne version authentique à présenter au public ?
    Les réponses apportées dans ce film sont sans doute convaincantes et émouvantes. C’est un portrait où les faits sont présentés avec pudeur. Les deux réalisateurs Rachid Benallal et Liazid Khoudja ont réussi à nous situer naturellement dans le contexte historique, social, religieux et politique dans lequel a vécu Si Mohand U M’Hand. Du coup, on comprend instantanément toute la réalité de cet homme libre et errant. On sent qu’il y a une véritable approche pédagogique dans le scénario laissant les faits cohérents et compréhensibles. Les paysages sont d’une beauté rarissime donnant envie tout simplement de rêver et de vouloir y rester. Il y a une précision, au plus fin détail des faits, étonnante tout en tenant compte de la chronologie de bout en bout. Quelle surprise ! On y voit même Fadhma Athmansour!
    Malgré un destin tragique, cet homme extravagant a choisi le chemin de la sagesse et de la paix. Il ne portait en lui qu’une seule arme, son don poétique divin. C’est un personnage très attachant.

    J’ai tenu à revoir le film une seconde fois. Quelle chance inouïe d’avoir cette fois-ci, les deux réalisateurs qui étaient présents dans la salle.
    Avant le lancement, Liazid Khoudja a développé en toute franchise notamment le pourquoi du film. Il a fait un survol historique captivant de la question identitaire et de la lutte de la Kabylie jusqu'aux Aurès et des Aurès au fin fond du Sahara, pour la réhabilitation de la langue, de la culture et de l'histoire berbère. Il expliquait que c'est dans cette aventure que le film «Si Mohand U M'Hand, l’Insoumis » s'inscrit.
    A la fin de cette projection, les applaudissements du public ont fortement réchauffé la salle. C’était très intéressant de noter quelques réactions des participants. Les impressions étaient toutes positives avec des remerciements chaleureux à l’égard des réalisateurs.
    Une dame d’un certain âge disait qu’après la diffusion de ce film, elle serait plus à l’aise pour parler plus facilement de ce personnage à ses enfants et à ces petits enfants.
    Une autre intervenante voulait savoir quelle était la réaction du public algérien vis-à-vis de ce film en Algérie? Par ailleurs, elle a souligné l’impression du travail anthropologique formidable entrepris par les auteurs dans cette œuvre. Un participant s’interrogeait, en complétant la dernière remarque, sur tout le travail de recherche documentaire qui a été fait à l’amont de ce projet magnifique.
    Liazid Khodja, a répondu en précisant qu’il était élève de Mouloud Mammeri. Ce long métrage s’est basé essentiellement sur les travaux de recherche d’une durée d’une quinzaine d’année de l’écrivain des poèmes « Les Isefra de Si Mohand ou M’hand », texte berbère et traduction. Ce qui est surprenant, c’est que Liazid Khodja n’est pas kabyle et ne parle pas cette langue. Évidement, ceci rend la tâche pour lui beaucoup plus difficile. Il nous dit qu’il fallait faire très attention à une certaine subtilité nécessaire à prendre en compte. À titre illustratif, comme le poète Si Mohand U M'Hand est originaire de la grande Kabylie donc il a l’accent de cette région légèrement différent des autres régions…etc.
    Concernant le public algérien, il rajoutait que c’est un peu difficile d’avoir les appréciations d’autant plus que la grande partie de nos salles du cinéma au pays sont entièrement à réhabiliter.
    Enfin, par la magie du septième art et la synergie des deux talentueux Rachid Benallal et Liazid Khoudja, Si Mohand U M'Hand, l’insoumis, le poète errant est bel et bien ressuscité. L’excellence du contenu de ce film est tellement riche au point de nous inviter à le revoir plusieurs fois avec ardeur. C’est une œuvre qui crée en nous l’enchantement de découvrir toute la littérature consacrée au chantre de l’Amazighité.


    Ce poème que j’écris dans d’autres circonstances est dédié avec humilité à tout esprit errant :

    Errance
    L’esprit rêvé dans le miroir des yeux luisants et emporté par le présent
    Le temps muté dès lors en fidèle compagnon et en intime confident

    De jour en jour, sa vie s’éclaircit comme une étoile parmi les étoiles
    Léger et emporté par l’humilité de ce vent doux sur les voiles

    Sur le chemin tout être l’inspire avec art, passion et don inné
    A l’écoute du cœur et que du cœur en quête de sa destinée

    Entièrement excité par la magie de ce corps en étrange transe
    L’âme se rafraîchit sous la pluie de la gracieuse danse

    La lumière éblouit le charme et la puissance des mots et des mots
    Par le sens caresse toute existence et éveille des sots et des sots

    Le flux de la confiance draine par miracle le cours des choses
    Le fruit mûri de la rencontre exaltée en savoureuses doses

    Pensée en errance revient et apaise ce corps en clémence
    Ainsi, le regard égaré rejoint l’amitié en patience

    Le bruit de la colère nuisible devient mélodie d’un chant envoûtant
    A l’infini, les fleurettes s’embellissent dans ce jardin charmant

    Dans l’amour et la paix, le destin accueilli dans ce nid élevé en hauteur
    La bonté de son envol surpasse alors toutes les raisons d’avoir peur

    Le parfum des souvenirs ressource les instants en créant des vertus neuves
    Le sentir devient l’éternel soin des maux à toutes les épreuves

    La chance fait comme passion de toujours aimer une juste foi
    Et l’offrande à l’autre retrouvée tel un remède à ce moi

    Je vous invite à consulter le site officiel du film sur le lien ci-dessous
    http://www.filmsdesdeuxrives.com/Insoumis/insoumis.html
    Bonne visite et à bientôt !
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