Yessis n Teryel

Amuggar n Teqbayliyin - Forum des femmes kabyles


    Lors d’un séjour, on conte joie et tristesse (01)

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    allouchehakim

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    15062009

    Lors d’un séjour, on conte joie et tristesse (01)

    Message par allouchehakim

    « Tout meurt. Tout se dissout. Pour que naisse la vie.
    Toute image de nous est image de mort.
    Mais aussi toute mort est un gage de vie. »

    Jean Elmouhouv Amrouche

    Lors d’un séjour, on conte joie et tristesse :

    Sous un soleil illuminant le paysage féerique de la région d’Ath Abas, l’ambiance des longues journées d’été se fait sentir peu à peu. A Ighil Ali, l’esprit ne se lasse guère de s’évader à travers la porte des Bibans survolant toute la chaine des montagnes du côté sud de la basse Kabylie. En hauteur, il prend l’air en se faufilant entre les triples rochers Azeru N’Mehend Oumeriem, Vouhvlel et Azeru Nerfis. Le regard se fixe vers l’horizon du massif montagneux d’Adrar N Jejer et prend plaisir à atteindre le large sur toute la vallée de la Soummam.
    Nous sommes en période de floraison du Genêt à balais ‘’Adhardhaque’’. Sa couleur jaune bien présente rend vraisemblablement tout cœur constamment plus attendri. Les narines respirent le beau parfum de la forêt d’Adrar où l’être se sent léger et libre. Annonçant la récolte de l’an prochain, les oliviers sont déjà bien fleuris également. Cet arbre, signe de paix et de sagesse, restera le témoin vivant des temps anciens. Les feuilles se laissent bercer tendrement par le vent aérant l’atmosphère aride. Après un hiver prolongé par les bouleversements climatiques de ces dernières décennies, la peau bronze avec timidité et le corps se découvre prudemment sous le soleil. La vue est troublée par la lumière ardente et le visage villageois brunit progressivement et s’apprête à faire face aux éventuelles canicules de juillet et Août.
    De loin, j’aperçois mon père remonter la pente de Tazaïert en direction d’Agnoui, place publique au dessous de la mairie. S’appuyant sur sa canne d’oléastre, il vient assister à l’enterrement de Khali Mouloud Ouiâach.
    Ces derniers temps, mon père ne peut plus rester debout trop longtemps sous l’effet de la vieillesse en s’approchant des 80 ans. Il prend nécessairement sur son épaule une petite chaise de plage pliable, commode pour s’asseoir. Comme souvent, il préfère se vêtir de chemise avec des poches et d’un gilet pour des raisons pratiques : mettre des clés, des papiers,… Il est habillé en tenue d’été : Chapeau, lunettes de soleil, chemise bleue ciel, un gilet gris et un pantalon bleu foncé. En bas du chemin, il me fait signe pour me montrer qu’il m’a reconnu de loin. Depuis petit, aussi bien mes frères que moi, nous n’avons pas intérêt à l’esquiver ou faire semblant de ne pas le voir car de toute façon, il nous voit toujours malgré ses lunettes de vue. À ce jour, je n’ai pas réussi à résoudre l’énigme de sa reconnaissance physionomiste lointaine. Assis avec nos voisins du quartier, Hamza et Makhlouf, je reste patient à l’attendre. A son arrivée, il m’interpella de suite :
    -Tu viens assister à l’enterrement ?
    - Oui ! J’arrive dans un moment. J’attends mon ami Youyou.
    Ce jour-là, Khali Mouloud nous a quitté à l’âge de 98 ans, que le ciel ait son âme. Autrefois, les villageois sont informés oralement par une personne, désignée par le comité des sages, qui passe en criant la nouvelle dans les ruelles des quartiers. Aujourd’hui, les habitudes et les mœurs ont changé car l’information de ce genre d’événement est affichée dans les lieux principaux notamment à l’entrée des cafés.
    Bien que cette année l’été ait un peu tardé les effets de la canicule commence à se faire sentir. Pour venir me rejoindre, mon ami a eu un peu de retard. Au final, nous sommes partis sans lui au cimetière. L’enterrement a eu lieu en haut. Une foule impressionnante est venue se recueillir pour exprimer l’ultime adieu au défunt. On rencontre des personnes qu’on n’a pas vues depuis une lurette. Les proches du disparu viennent de partout : de grandes villes, de petits villages avoisinants... Les retrouvailles sont riches en échanges. A l’image de Mohamed, enfant du village résident à la capitale depuis environ une trentaine d’année, qui est venu assister aux funérailles. Il profite de l’occasion de notre rencontre pour me dire qu’il se connecte souvent sur la toile pour lire les nouvelles du village. Il était avec son père dans la voiture. Nous sommes des voisins de quartier. Son père, Aâmi Achour, maçon de métier, un peu malade ces derniers temps, m’a demandé des nouvelles de son fils qui vit en France. Notre échange est émouvant. Les sujets sont divers : La mort, l’exil, l’immigration, la vieillesse, la maladie,…Parfois, on distingue des visages souriants dans des groupes où on se raconte de petites blagues traitants du quotidien au village mais l’âme de chacun reste sans doute profondément affectée par le deuil.
    Soudain, un silence regagne toute la foule, le cercueil de Khali Mouloud vient d’être porté de sa maison vers le cimetière. Mohamed est sorti de sa voiture par respect au défunt. Sous l’effet de la fatigue et de maladie, son père y est resté, malgré lui. Après la prière Khali Mouloud est inhumé. L’enterrement est clôturé par un discours de l’imam qui dure quelques minutes et une prière d’adieu. Les gens se disent au revoir et se dispersent juste après.
    Le fait d’être issu d’un village et aller vivre loin particulièrement dans une grande ville, on assiste rarement aux obsèques. A l’opposé, quand il y a un décès au village, un grand nombre assiste aux funérailles. C’est un événement qui est vécu par tous les habitants de plus jeune au plus âgé. On peut l’expliquer par le fait que tout le monde se connaît car il y a moins de monde comparativement à une grande ville. Il faut noter qu’il existe des liens de famille entre les villageois qui sont comme une toile d’attaches imbriquées les unes aux autres. Il y a aussi une autre raison d’ordre de croyance et de pratique religieuse.
    Perdre un être cher laisse la famille, les proches et tout le village pendant quelques jours en deuil. Relativement à son âge proche d’un siècle, il occupe une place unique que ce soit dans sa famille ou dans le village d’une manière générale. On se dit qu’on a perdu des pages d’histoires, souvenirs, témoignages émanant de sa propre expérience. Ne dit-on pas : « Quand une vielle personne meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ! »

    A la source des échos :
    A la descente en se laissant porter par le flux de la foule, j’aperçois mon ami Youyou. Il m’invite avec Messaoud à prendre une glace. Chez les enfants de Si Achour d’At Saci, nous dégustons la délicieuse crème. La bonne saveur nous a remémorés avec une touche mélancolique un souvenir ancien notamment la vue envoutante contemplée de la place du marché en direction de toute la vallée de la Soummam. C’était le temps où il n’y avait que la petite crémerie au coin de ce marché.
    Tout d’un coup, j’entends des échos mystérieux. Je suis surpris d’entendre ce chant lyrique d’une douceur qui guérit la blessure d’une âme affectée par un deuil. Est-ce quelqu'un qui a allumé sa chaîne stéréo ou sa radio ? C’est tellement authentique que j’ai du mal à y croire. En revenant sur le même chemin vers le côté du cimetière, je n’ai pas hésité à demander à Youyou afin d’assouvir ma grande curiosité.
    - Tu entends ?
    - Oui !
    - Qu’est ce que c’est comme chant ?
    - Tu verras par toi-même.
    Mon ami a déjà fait son plan. Il sait exactement ce qu’il fait en suivant ce dernier à la lettre. En fait, il me guide par surprise sans me dire un mot de plus. Nous arrivons juste après au siège de l’association Taos et Jean Elmouhouv Amrouche. Mon ami ouvre la porte sculptée autrefois par des mains en or, signé Samir Atmehand.
    A l’entrée le jeune poète Saïb Samir, nous reçoit chaleureusement. Assis sur son bureau en face de l’écran de son ordinateur entrain de préparer la présentation du prochain concours de poésie. Il a en tête de réaliser un projet de film traitant sur le fléau de drogue.
    La présence gracieuse sur le mur à droite deux grands tableaux attirent toute notre attention. Il s’agit évidement d’une mère et sa fille : Fadhma Ath Mansour et Taos Amrouche. Sous l’effet d’un coucher de soleil aveuglant l’œil à l’entrée éclairant la fenêtre d’en face de ce bureau, on aperçoit une éminente photo de Jean Elmouhouv Amrouche.
    Samir le poète avait un invité d’honneur, Massi, venu de Sedouk pour visiter l’association. Massi a tenu à exprimer sa grande satisfaction de l’accueil qui lui a été réservé. Après notre échange, Samir Saïb nous a fait un beau cadeau de réciter l’un de ses poèmes qu’il a écrit en hommage à l’homme de novembre, Mohamed Boudiaf.
    Lien Samir Saïb:
    http://www.dailymotion.com/user/Tamurtiw/video/x9l4ri_samir-saib_creation?hmz=707265766e657874

    Le siège de l’association de Taos et Jean El Mouhouv Amrouche est un lieu hautement symbolique où la création artistique bouillonne de partout. Nous nous rapprochons des échos lointains qui deviennent un chant tout près très puissant. Sa source est la grande salle où on se dit que la porte du paradis est là. Quelle agréable surprise ! Le jeune animateur, Ghassoulli Daoud, au tableau en train d’expliquer aux élèves très impliqués les techniques de chant aux choristes. Tout autour des murs, on aperçoit une exposition sublime de photos inédites en noir et blanc de la famille des Amrouche. La particularité de cette salle est que le faux plafond est fait juste à moitié. À travers le grenier, on constate l’œuvre unique de Lakhdar Guizem, artisan charpentier.
    Les choristes sont majoritairement collégiens. Ils préparent le prochain concours national des chorales. Ils se sont qualifiés dernièrement en décrochant à la deuxième place du podium à la wilaya de Bougie.
    Ce groupe est d’une mixité qui réchauffe le cœur. A travers leur regard, on lit une merveilleuse innocence et une amitié sincère teintée d’une complicité admirable. On sent que ces élèves sont heureux d’être là. Certains sont accompagnés par leurs petites sœurs et petits frères. Dès la première apparence, on pense qu’ils sont comblés par tous ces chants qui nourrissent joyeusement l’âme. Le jeune Daoud est membre du groupe Ath Abbas Rock. Quel talent ! Avec sa présence très inspirée et une gestuelle d’un chef d’orchestre atypique, il fait des compositions de chants gracieux. Par sa jolie voix douce, il accompagne ses éléments avec attention et générosité.
    Le lien de la Chorale:
    http://www.dailymotion.com/user/Tamurtiw/video/x9l4wc_chorale-taos-amrouche-site-ighil-al_music?hmz=707265766e657874


    Pour arriver à tel résultat très encourageant, il a fallu du travail minutieux de long terme. En effet, depuis 2001 que Daoud est à la tête de cette chorale. Ils ont grandi ensemble et se connaissent par cœur.
    Par ailleurs, le jeune Faycel Amrouche l’assistant du groupe à la guitare. Il est d’un tempérament très calme et reste concentré tout en accompagnant le groupe note par note. Rien au monde ne le pourra le déstabiliser. Faycel est le frère de l’artiste peintre, Samir Amrouche à qui nous avons rendu visite également dans d’autres circonstances après cette rencontre avec la chorale.

    Le lien Samir Amrouche:
    http://www.dailymotion.com/user/Tamurtiw/video/x9l4ay_samir-amrouche_music

    Daoud demande à Ouarda d’aller écrire au tableau le premier couplet de la chanson intitulée « Lean on me » de John Lennon. C’est avec la collaboration de Youyou qu’ils ont traduit de cette magnifique chanson.
    Lors d’une pause, après présentation des membres du groupe par Daoud et Youyou, c’est à ce moment que j’ai su que la charmante demoiselle est la fille d’Aâmi Bouzid Kichidi. Je lui ai évoqué un souvenir de son père qui nous a quitté il y a de ça quelques années, que le ciel ait son âme. En effet, quand il était maire, je suis passé le voir à son bureau pour une signature d’extrait de naissance. A cette époque, j’été lycéen et n’ayant pas l’occasion de voir de plus près un ordinateur. À mon arrivée, il m’explique en quelques minutes le fonctionnement de cette machine mystérieuse. On reconnaît instantanément la pédagogie d’un instituteur d’une école à l’ancienne. C’était la première fois que j’ai touché un clavier. Mon premier cours informatique m’est donné par notre propre maire. Quel honneur !
    Bien qu’il y ait une boite pleine de stylos il a tenu à chercher dans ses affaires pendant un moment le plus beau. Avant de signer les deux extraits de naissance en tenant sa plume fétiche à la main, il me fixa droit dans les yeux en me disant : « Comme ça tu t’en souviendras ! ».
    A cours des répétitions, Djamel Oumeziane un autre membre du groupe Rock Ath Abbas est arrivé. Il s’est hissé intuitivement pour soutenir le groupe dans le chant. Ces jeunes travaillent en parfaite collaboration pour donner le meilleur d’eux même. De cette chorale émane une voix pure qui laisse le corps dans un sentiment de légèreté et apaisement total. Ces animateurs sont très proches du groupe. Ils sont la clé qui m’a permis d’être présenté avec beaucoup de confiance. Avec compréhension et harmonie, on se sent immédiatement adopté. Sans se rendre compte, les écouter fait naître un désir de chanter tellement fort au point de se retrouver en train de fredonner naturellement leur chanson. Qui sait ? Peut être un jour, nous aurons la chance d’être en vie et contempler ainsi la brillance de leur étoile parmi les étoiles.

    Lien M Djehd & Taos Amrouche
    http://www.dailymotion.com/user/Tamurtiw/video/x9l4u7_taos-amrouche-medjahed-hamid-ighil_music?hmz=707265766e657874



    Dernière édition par allouchehakim le Lun 15 Juin - 22:00, édité 1 fois
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    Message le Lun 15 Juin - 21:59 par allouchehakim

    Lors d'un séjour, on conte joie et tristesse: (Suite)

    Assirem, Espoir :

    Les jours se suivent comme une mise en scène authentique qui se répète presque à l’identique mais cette fois-ci avec des personnages et acteurs différents. Ce jour-là, le deuil frappe une nouvelle fois le village. Une femme, Hemama T Nacer nous a quitté à l’âge de 76 ans, que le ciel ait son âme. Les pratiquants se préparent à la grande prière de vendredi pour aller après assister à l’enterrement.
    Il vaut mieux ne pas aller, ce jour-là, au hammam pour prendre une douche. On y trouve du monde plein à craquer. Les autres jours de la semaine sont plus recommandés où il y a nettement moins de personnes.
    A l’enterrement, une marée humaine descend au cimetière d’Amdoun du quartier Tazaïert. Comme il se fait habituellement, après la prière et les présentations des condoléances à la famille du défunt, la vie du village reprend son rythme normal et habituel.
    Ce vendredi, avec mon ami Youyou, nous sommes passés à côté de l’ex-monoprix. Une foule de monde à l’entrée de la porte du milieu au rez-de-chaussée. On aurait dit que une interminable queue de l’époque de la fin des années quatre vingt où il y avait les grandes pénuries des produits alimentaires : café, semoule,…etc. En se rapprochant de plus près, je découvre pour la première fois une salle de sport soigneusement aménagée : des beaux tapis par terre, des sacs suspendus au plafond, des machines de musculation et de fitness sur le côté,…La salle est embellie par quelques célèbres posters. En face on distingue notre regretté Matoub Lounes et sur le mur gauche on distingue le célèbre Bruce Lee qui a marqué le cinéma et les arts martiaux. Dans cette salle, des jeunes athlètes font des échauffements et des exhibitions en Kickboxing. En préparation avant la prochaine rencontre du championnat d’Algérie, L’association « Assirem » a organisé un croisement sous forme de tournoi de Kickboxing entre les deux sections d’Akbou et JS Ighil Ali. A la tête de cette rencontre trois grands athlètes très connus par leur résultats brillantissimes de champion d’Algérie : Azzi Samia, les deux frères Kadi Slimane et Abbas.
    Pendant l’échauffement, la maître Kadi Mohamed, plus connu sous le surnom Dda Mou est arrivé. Samia n’hésite pas un instant pour l’accueillir et lui faire un chemin dans la foule qui bloque presque l’accès à la porte d’entrée. Sous les applaudissements chaleureux, Da Mo salut tout le public en passant voir tous les athlètes un par un.
    Dès la première présentation spectaculaire de ces jeunes sportifs professionnels, on se sent emporté dans le monde passionnant des arts martiaux. C’est fabuleux !
    Après un échauffement des deux équipes montrant le rituel et le principe philosophique de cette discipline, des séries de combat dans différentes catégories ont été lancés. Samia, Slimane et Abbas sont à la fois encadreurs et arbitres de rencontres.
    En prenant à titre d’exemple notre championne Samia AZZI, présidente de l’association Assirem, elle représente aujourd’hui à elle seule un remarquable symbole de succès, de courage, de continuité et d’ouverture d’esprit. Elle est le fruit d’une démarche et de sacrifice d’un travail de longue haleine initié par un maître que notre région a la grande chance d’avoir en l’occurrence Da Mo. On ne peut citer toute la liste de champions que notre région a connu grâce lui .Celui qui a réussi à créer la ligue de la wilaya de Bejaïa et la section mixte de Kickboxing à Ighil Ali. Un homme qui a donné le bon exemple et qui a cassé le tabou en inscrivant en premier sa fille dans cette section. Par ce sport, il a contribué considérablement à changer les mentalités et apporter une nouvelle voie dans laquelle la femme peut aspirer émancipation et modernité. C’est lui qui disait à ses athlètes féminins : « Mettez du coton dans vos oreilles et allez de l’avant ! ».

    Le lien Samia AZZI : http://www.dailymotion.com/user/Tamurtiw/video/x9l4gd_azzi-samia-engagement-defi-et-espoi_sport

    Aujourd’hui, le résultat est plus qu’encourageant. Grâce à cette nouvelle salle ouverte depuis le mois de janvier on y trouve un cadre mixte où se pratique cette discipline pour toutes les catégories de plus jeunes aux vétérans.
    Nacer, employé de poste, qui venait de finir sa séance de fitness nous disait à sa sortie: « Il n’y pas d’âge pour faire du sport ! »

    Dans la vie, il y a de ces événements qui sont joyeux et d’autres malheureusement tristes. On peut écrire des lignes et des lignes à pleurer nos morts, cela ne suffira point. Vivre un deuil est tellement une épreuve difficile que parfois, on a dû mal à l’accepter. Cependant, être parmi nos jeunes que ce soient animateurs, sportifs, musiciens, peintres, interprètes, choristes et tous les autres restera une belle leçon de vie. Leur lutte quotidienne enseigne avec art à donner le meilleur de soi-même et ne rien attendre en contre partie. Ils ont su par leur créativité et énergie enthousiaste de nous inviter à ouvrir l’esprit avec élégance, à semer la confiance et à nous rapprocher les uns des autres. La persévérance trace le chemin vers la reconnaissance. Grâce à nos talents, la culture et le sport donnent naissance à des rencontres mythiques où l’atteinte de l’épanouissement et de l’équilibre devient enfin possible.

    Le lien extrait de croisement entre la section d'Ighil Ali et Akbou:
    http://www.dailymotion.com/Tamurtiw/video/16114065

    Message le Mar 16 Juin - 8:34 par Tergits

    azul,

    Trés émouvant récit.Pendant un instant j'ai cru être chez moi.

    tergits

    Message le Mar 16 Juin - 20:03 par louisa

    Tanemirt tameqrant Hakim!

    Comme à ton accoutumée, à chacun de tes passages en Kabylie, tu nous fais don, généreusement, de nouvelles des gens de chez nous. Tu nous donnes à voir, à écouter des gens simples, humbles, mais battants. Ils nous réconcilient avec cette Kabylie profonde qui fait son petit chemin malgré les difficultés, les vicissitudes de la vie, les cris de chacals. Cette Kabylie sécularisée qui, la prière finie, sait se remettre au travail, à la vie. Cette Kabylie qui n'emêpêche pas ses filles de chanter. J'imagine que tu savais déjà que cela me ferait plaisir. Merci pour le cadeau.

    Je me permets aussi de te dire que tu es à l'image de ces gens-là. Simple, accessible, profond, tu t'introduis dans leur quotidien sans trop les déranger, sans volonté de les «exhiber». Tu sais les écouter, tu donnes à voir leurs rêves sans chercher à leur donner la couleur des tiens. Ta discretion laisse place à leur grandeur.

    C'est de cela qu'ont besoin les nôtres, restés là-bas entre le marteau et l'enclûme: montrer leur grandeur malgré l'adversité.

    Merci!

    Louisa

    Message le Ven 26 Juin - 5:22 par allouchehakim

    Bonjour tout le monde et Azul amukran à Louisa;
    Tanemirt à Louisa et Tergits! Je dédie à toutes les yessis n teryel le chant de flûte que vous pouvez écouter sur le lien de la vidéo.
    Bonne appréciation et à bientôt Wink !


    L’entraide des moissonneurs "Tiwizi n ameggar":

    Nous sommes la première semaine de juin. Ce jour-là, mon ami Youyou m’attend dans le quartier, Amdoun n Tazaïert à Ighil Ali. Comme convenu, nous sommes partis faire notre ballade habituelle, tout autour des champs, histoire de prendre l’air. Cette fois-ci, notre sortie est une redécouverte agréable d’un acte de la vie rurale ancien : le fauchage. De loin, on distingue nos amis Djamel originaire du village de Tabouanant et Kado dans un champ au plein cœur du village. Au flanc de la colline, accroupis, ils descendent progressivement en coupant l’herbe, des faucilles à la main. Avec soin, ils laissent les gerbes coupées étalées au fur et à mesure qu’ils avancent dans leur tâche. C’est difficile d’imaginer cette besogne très contraignante dans une pente si vertigineuse.
    La pluviométrie cette année a enregistré des mesures battant tous les records et la terre est pleinement recouverte d’herbe. L’abondance de la récolte promettait aux éleveurs et aux bergers d’être au moins assurés comparativement aux années de rareté où le foin atteignait des prix exorbitant. Cependant, la moisson exceptionnelle laisse, après plusieurs années de sécheresse, les propriétaires des champs dans une situation embarrassante. En effet, ils ont du mal à trouver des faucheurs. Les champs sont principalement des oliveraies. Il est impératif aux exploitants de protéger les oliviers de tout péril. Les villageois sont plutôt inquiets des risques d’incendies surtout en période de canicule. Mon cousin Laârbi m’a raconté que l’été dernier, très tard la nuit, on l’a réveillé brusquement pour aller en hâte vers la maison de Bachir n tsfayet qui avait pris feu. Ce dernier s’est propagé d’un champ avoisinant, Assemer. Il a fallu l’intervention des pompiers et la mobilisation de tout le village pour arriver enfin à l’éteindre.
    Après la descente du passage d’Azru Nath Sâid, nous rejoignons le fameux duo de faucheurs. Entourés par un magnifique troupeau de chèvres et moutons, Kado et Djamel profitent, ce soir-là, de ces moments d’air frais pour avancer le plus possible. Kado est connu pour ses plaisanteries, sa célèbre moustache et ses grands exploits comme défenseur en équipe de football d’Ighil Ali.
    Notre arrivée dans le champ appartenant à Aâmi Saïd est une bonne occasion pour nos voisins du village de faire une petite pause. Après les salutations, nos amis les faucheurs nous invitent à partager ce moment de retrouvaille bien précieux. Kado avec complicité et humour demande à Djamel d’aller chercher le panier suspendu au tronc de l’olivier en haut. Ils sont bien équipés. Djamel boit une gorgée d’eau de sa gourde bien froide. Le café nous a été servi tout chaud de ce beau thermos que Kado possède depuis des années. Il s’adresse à moi en rigolant
    -Tu as quel âge ?
    -Une bonne trentaine.
    -Je crois que vous avez le même âge avec mon thermos.
    -HaHaHaHaHa !!! Mais quel est le secret de ce thermos pour vivre si longtemps?
    -En fait, je l’ai piqué comme un voleur à ma mère. C’est elle qui en a pris soin depuis des années.
    -Ah D’accord ! Il faut donc chercher dans le secret chez les femmes anciennes… dans leur pouvoir à préserver précieusement les choses le plus longtemps possible et transmettre ainsi une mémoire par des bonnes paroles. En tout cas, tu as bien fait de me le dire car je dirai à ta maman où se trouve enfin son thermos ?
    -HaHaHaHa ! En plus tu sais qu’elle va me tuer. J’espère que tu ne vas pas lui dire.
    -Je ne pense pas pouvoir garder le secret. C’est plus fort que moi !
    Youyou de l’autre côté propose à Kado de marchander afin d’acheter mon silence
    -Tu n’as qu’à lui offrir un litre de lait de l’une de tes chèvres Rica ou Bichette.
    Finalement, avec humour nous avons accepté la proposition de Youyou concluant notre marché. Et puis une discussion s’anime au sujet de la moisson notamment la différence entre la passé et le présent. Djamel étale l’origine de l’enclavement de la zone rurale : La sécheresse des dernières années, l’industrialisation qui a provoqué l’exode rural, les bouleversements climatiques… Toutes ces raisons ont fait que nous sommes arrivés au point où la moisson est devenue presque inexistante. Le savoir-faire ancien est en voie de disparition. Toutefois, la tendance actuelle à cause de l’importance des pluies de ces dernières années nourrit en nous beaucoup d’espoir. Peu à peu, les pratiques ancestrales de la vie rurale sont retrouvées en apportant quelques changements nécessaires pour s’adapter au temps présent.
    Kado nous explique en fait qu’ils sont trois à faucher ce champ. Leur collègue, Madjid, est parti juste avant notre arrivée afin d’affûter la faux. Leur point commun est de posséder des chèvres. Avec cette entraide, ils ont pu joindre l’utile à l’agréable. Ils se sont persuadés qu’une telle tâche si difficile nécessite de la collaboration. Ils ont réussit à changer l’idée qu’on peut avoir du fauchage, c'est-à-dire en un mot, une corvée en vivant la période de la moisson dans un plaisir inoubliable. Ils ont commencé la fauche depuis dix jours. Il ajoute que dès le lendemain, ils devraient ramasser le foin avec des fourches car ils ont pris rendez-vous avec le propriétaire d’une machine botteleuse qui passerait probablement le début de la semaine prochaine. En effet, dès le séchage faire le bottelage le plutôt possible serait mieux afin de préserver le foin des intempéries et des orages passagers des périodes estivales.
    Par ailleurs, cette année la majorité des propriétaires laissent tout le foin récolté aux faucheurs sauf dans certain cas où il le partage entre les deux parties selon l’accord initial notamment dans certain champs connus pour leur bonne production et surtout dont l’accès est facile.
    Dans une atmosphère paisible où nous étions chaleureusement entourés par les chèvres de Kado, Bichette et Rica. L’écho gracieux des chants des oiseaux de tout genre provenant de la fontaine d’en bas, Tala gada, réveille à toute âme son enfance. Rica, toute blanche, est la chèvre starlette de tout le troupeau. Elle a été élevée par Djamel et sa femme au biberon. Une fois grandie, il a passé le relais à son ami Kado. Ces chèvres sont d’une sociabilité très attachante.
    Kado nous raconte avec mélancolie l’époque ancienne du fameux chevrier du village El Mehdi. Chaque jour à l’aube, ce dernier allait avec toutes les chèvres du village vers la montagne, Adrar ; il revenait chaque soir à la tombée de la nuit. Le plus fabuleux de l’histoire est qu’en revenant chaque chèvre avec des mamelles bien pleine reconnaissaient intuitivement le chemin de sa maison. Un jour, ma mère me dit à ce sujet que chaque matin à la même heure du passage de El Mehdi avec le troupeau, notre chèvre à l’époque s’affolait avec l’envie de sortir. Il fallait immédiatement lui ouvrir la porte pour la laisser partir.
    Djamel nous dit que pour lui, aujourd’hui, posséder une chèvre permet de subvenir largement à ces besoins quotidiens en lait. A la maison, sa femme a appris à produire presque tous les produits laitiers dérivés, fait maison : fromage, beurre, petit lait…Il considère également avec une satisfaction intérieure radieuse que sa famille a le privilège d’être sollicitée pour partager ce lait : les femmes enceintes, des personnes âgées…etc.
    Le soleil vient de se coucher, le troupeau se dirige naturellement pour repartir à la maison. Nos amis, Djamel et Kado, ne sont guère pressés. Certes, nous sommes à l’intérieur du village mais leur nature est dotée d’une patience formidable. Ils l’ont bien exprimé dans ce sens « Peu importe l’heure de la première ou la deuxième prière du soir, de toute façon on y arrivera ! » « El maghrev thsawad Elaicha thaswad ! » Nous sommes finalement rentrés en se donnant rendez-vous après le diner à la veillée, tant attendue, avec Da Cherif, le messager.
    Mon père m’indique au cours de la soirée certaines aires qui existèrent au village et qui ont complètement disparu à présent : Amalou ailoul de Djlali Oufouza (Adda), Tahriqt n Makhlouf Kaci (Belmihoub), Aner n amalou Aâlouchene ( Allouche), Aner Ifouzaten (Adda),…. Dans cette dernière, on y trouve une grande villa construite dans le début des années quatre vingt. C’est dans ces lieux où le dépiquage animal (bœufs, âne, mulets, chevaux,..) se pratiquait du lever au coucher de soleil en période de moisson. Mon frère Belaïd évoque le dernier dépiquage dans lequel il fut présent à la fin des années soixante dix. Khali Lakhdar azzi amenait des gerbes de céréales. Il coupait les liens de manière à former un cercle. Il fallait tourner des ânes attachés entre eux avec les yeux bandés. Oncle Lakhdar utilisait la fourche en bois pour séparer en l’air la paille et le grain.
    En profitant d’un moment d’inattention de mon père, mon frère me chuchote sa passion pour les ânes depuis qu’il est enfant. En l’écoutant, je partis d’un fou rire. Il me disait: « Où je trouve un âne attaché dans n’importe quel champ, il faut que je le libère. J’ai l’habitude d’aller faire un tour avec l’animal jusqu’à la fontaine. Il y a aussi ce souvenir quand ce nomade mendiant arriva au village ; il ramenait souvent des ânesses. Alors, ils les attachaient à la place en haut du stade le temps qu’il fasse le tour du village. Nous étions une troupe d’enfant à aller chercher les ânes et assister au grand spectacle…. Tu sais ce sont nos jeux de l’époque…. Par ailleurs, ce que j’appréciai le plus pendant la période de moisson c’était essentiellement d’accompagner les ânes jusqu’à l’aire, ce sont des moments d’enfance magiques»
    Aujourd’hui beaucoup de pratiques agricoles et artisanales ont complètement disparues. Toutefois, il y a des valeurs à l’image de la tradition ancienne, qui se perpétuent de générations en générations où chaque saison l’homme et la femme se trouvent tantôt en lutte tantôt en relation fusionnelle avec une nature rude et fragile à la fois. Enfin, j’ai été à la rencontre de ces actes d’entraide, d’humour, d’autodérision et de partage fraternel. Mon souhait est qu’on maintienne une passerelle où le va et vient serait incessant entre le passé et le présent. Faire usage de nos meilleures expériences et les transmettre avec lucidité aux générations futures apporteraient sans doute à un rêve idéal de chacun une touche de parfum, de délice et de saveur.

    Cliquer sur le lien pour visualiser la vidéo
    http://www.dailymotion.com/Tamurtiw/video/16278752


    Message le Ven 10 Juil - 20:06 par allouchehakim

    Sur le rocher "Akel tmettut":

    A mes amis (es) du site,

    C’est avec pincement au cœur que je partage avec vous ce moment triste et mélancolique. Néanmoins, qui sait, la lumière de ces passages pourraient peut être nourrir notre héritage commun assoiffé de mémoire.
    Certainement, la genèse de la présente réalisation est dû au fait de m’assoir avec Youyou, Djamel et Kado face à la colline de « Timasurin » (traduction "Soeurs Blanches"), ancienne école des jeunes filles malheureusement démolie après avoir été auparavant une caserne de Gendarmerie Nationale. Cette dernière est contrainte de déserter les lieux après le soulèvement du printemps noir. Depuis, des bâtiments sont rebâtis et qui font actuellement objet de siège de la Police Nationale.

    Ainsi, ce moment d’évasion m’a remémoré de vagues souvenirs d’enfance : Aller déposer les objets d'artisanat de vannerie confectionnés par la maman, par la tante, par la voisine,… à Timasurin chez La Hadda, la femme à Aâmi Cherif Amrouche, facteur retraité et revenir tout heureux avec les sommes d’argent aux artisanes. Souvent, je reçois généreusement de leur part mon argent de poche. Les souvenirs de nos mères témoignent des relations, avant tout, humaines tissées des sœurs blanches avec toute la communauté qui ont précieusement marqué notre mémoire collective. Sans doute, il y a tant d’histoires à raconter et à écrire.
    Ce lieu hautement symbolique m’a beaucoup inspiré à faire ce montage. Evidement, ce n’est pas de la matière qui manque. Avec l’apport de nos amis (es) du site, nous avons de quoi faire.
    Il intéressant de noter que celle qui a écrit le poème, Sur le rocher, F.K en juin 1968, était une élève de cette ancienne école des jeunes filles, Timasurin.
    Je remercie au passage notre instituteur et artiste M. Louis raynier de nous avoir comblés par des textes poétiques magiques et immortels.
    Enfin, je tiens à féliciter l’association Assirem pour l’excellent résultat de champion, pour dire qu’au final l’Espoir est là!
    Bonne appréciation !


    Cliquer sur le lien

    http://www.dailymotion.com/Tamurtiw/video/16513545


    Message le Sam 5 Sep - 12:41 par allouchehakim

    Souvenirs nostalgiques du passé:
    Malgré la chaleur caniculaire de cette année, les mariages n’ont cessé d’être célébrés comme à l’accoutumé sur la terre natale. Il faut dire qu’un mariage ne s’improvise pas en un jour. Les préparatifs sont prenants et coûteux : compléter la liste des invités, le choix de la date, réserver la salle ou faire des travaux chez soi pour accueillir dans de bonnes conditions les nouveaux mariés et les invités... Beaucoup d’éléments à prendre en compte pour réussir cet événement dont l’objet est d’unir les mariés comme on dit : « Pour le meilleur et pour le pire ! ». Parfois, ces événements heureux au village sont malheureusement contrastés avec des situations de deuils. En terme quantitatif, le nombre de décès enregistré dans la rubrique nécrologique sur le site d’Ighil Ali en cette période d’été n’est pas différent de celui des autres périodes de l’année. Cependant, cette atmosphère joyeuse se couvre subitement par un sentiment de tristesse qui n’arrange pas les choses du quotidien au village. Que peut-on faire dans ces situations paradoxales ? Ce malaise laisse l’esprit dans un état de contrariété et peut l’être davantage en été car la majorité des mariages y sont célébrés. C’est en cette période que les villageois préfèrent organiser les unions pour des raisons qui semblent d’ordre pratique: les invités sont en vacances donc beaucoup plus disponibles à venir y assister, il fait généralement beau, plus commode comparativement à une période hivernale d’un froid glacial… Certes, il y a les inconvénients de la haute température mais par expérience les gens arrivent tant bien que mal à s’en sortir.
    Les jours passent et peu à peu les départs des estivants se font remarquer. Certains sont venus des grandes villes (Alger, Oran, Constantine, Annaba,..), d’autres sont arrivés de pays étrangers (France, Canada, ....), les émigrants. Nos vacanciers venus de loin essayent de joindre l’utile à l’agréable durant leurs séjours. Bien qu’ils apprécient le retour aux sources, ainsi se réconforter sous la chaleur familiale, néanmoins celle du soleil des mois de juillet et août les pousse à fuir dans l’urgence pour se rafraîchir au bord des plages les plus proches de la région : Tichy, Aokas, Melbou, Boulimat,…rester quelques heures dans la journée ne suffit point à assouvir la soif de la baignade en mer. Par conséquent, camper sur place en cherchant une location (un appartement, bungalow, chambre d’hôtel…) pour quelques jours s’impose naturellement.
    A l’image d’une certaine classe d’algériens qui ont les moyens, les quelques villageois, économiquement aisés, choisissent de partir comme touristes à destination des pays avoisinants : Tunisie, Maroc.
    Ceci dit, il est malheureux de le constater, nombreux qui passent les longues journées d’été chez eux. Notamment pour les familles dont les revenus sont modestes, les vacances sont finalement un vrai luxe. La misère est une réalité qui ronge le quotidien de nombreuses familles pauvres souffrant le martyr. Vivement le changement ! Notre espérance est que le niveau de vie puisse un jour être meilleur pour chacun et qu’il y ait plus d’équité.
    Dans les années soixante dix et début quatre vingt, quelques générations ont eu la chance de visiter des pays étrangers. Elles étaient privilégiées et bénéficiaient de la bourse touristique. Cette époque, où le taux de change était largement favorable au Dinar algérien, est révolue. Il ne reste pour ces générations que des souvenirs lointains derrière.
    D’un côté il y a ce problème d’ordre économique comme une sérieuse contrainte pour ne pas aller en vacances et de l’autre l’obtention de visas qui est devenue une barrière complètement infranchissable. Particulièrement pour visiter les pays occidentaux qui sont comme une sorte de rêve impossible et inaccessible.
    Devant les situations de désespoir, la voie est grandement ouverte à une immigration illégale au point où les jeunes prennent des risques mettant en péril leur propre vie. Malheureusement, ces aventuriers de la fuite vers l’inconnu se retrouvent dans des conditions dramatiques et irréversibles. En plus de ces périples tristes, on ne peut ignorer la réalité des prix de visas qui atteignent des valeurs ahurissantes dans des bulles spéculatives et des réseaux de vente sur le marché noir.
    Mis à part ceux qui ont des visas d’installation, ces dernières années, le constat montre pour la quasi-totalité de nos voyageurs à l’étranger, qui obtiennent des visas touristiques ou d’études, tente d’y rester. Il ne s’agit pas de développer les raisons d’émigration massives et d’exil mais on peut en citer quelques-unes : Le problème de sécurité, l’espoir d’aller ailleurs pour acquérir un niveau de vie meilleur, la passion et le rêve de voyager,… Avec le temps, il y a ceux qui réussissent à avoir une situation et s’insérer avec succès. Mais il y a, aussi, ceux confrontés à l’obstacle de vivre en devenant par la force des choses des sans papiers. Les conditions de peur et l’illégalité dans lesquelles vivent les sans papiers sont épouvantables. Le rêve se transforme au fil du temps en une épreuve angoissante et effrayante. La reconduite à la frontière est une expérience traumatisante laissant la personne dans une situation de chagrin et de désespoir.
    Dernièrement, dans des circonstances tristes, j’ai rendu visite à un ami dans un centre de rétention pour lui ramener ses propres affaires. C’est lors d’une vérification de papiers dans une station de métro qu’il s’est fait embarqué. Ce sont des conditions inattendues où la personne se retrouve subitement prisonnière.
    Pour des raisons de sécurité, avant de rentrer au centre, je me suis fais contrôler du fond en comble. La durée de visite autorisée est une demi-heure. Mon appréciation concernant l’accueil des gendarmes est très correcte. J’ai eu de la peine de voir mon ami dans une telle situation. Il me rassurait sur les conditions acceptables dans ce centre. En étant à l’intérieur, je réalise sérieusement le prix de la Liberté.
    L’expulsé se retrouve ensuite en perte de repères dans des conditions tristes d’embarquement. Après une longue absence du pays natal, il lui faut du temps pour amortir le choc, surmonter à nouveau les contraintes et mettre en place de nouveaux projets.
    Notre ami Ben Boudadi a eu cette expérience comme une rude épreuve. Avec lucidité, il me dit: « Adifek rabi tawaghit igla leslah » (À quelques choses malheur est bon !). La dernière fois que je l’ai vu, c’était un bonheur de le retrouver dans un élan optimiste qui lui a permis de réussir et refaire sa situation. Entouré de sa petite famille, il ajoute avec humour: « Je suis déjà un vieux papa ! ». A notre ami, reçois nos félicitations et nos vœux de succès dans ta vie familiale et professionnelle.
    Les vacances touchent à leur fin. Les plages commencent à se vider avec l’approche du mois sacré de ramadhan. Les commerçants se préparent à répondre à la demande de produits et services adaptés à ce mois. Il y a parmi eux ceux qui s’apprêtent également à répondre aux besoins de la rentrée scolaire.
    Pour éviter les queues du mois de septembre, certains parents d’élèves commencent déjà à acheter les fournitures pour leurs enfants.
    Certains étudiants, pour débuter l’année plus sereinement en terme financier, ont sacrifié toute la période de vacances en décrochant un travail saisonnier : ouvrier dans le bâtiment, vendeur au marché,…. Certainement, pour eux, c’est une aide plus que précieuse. Rares sont ceux qui arrivent à trouver un stage rémunéré.

    La visite d’un frère :
    La visite éclair d’un frère venu dans un cadre professionnel à Paris fut l’occasion de se voir. A ma grande surprise dans sa valise il y a des photos intéressantes d’un événement important, un match de football organisé en juillet dernier par les vétérans. C’est avec beaucoup de plaisir qu’on peut citer les participants qui ont honoré ces retrouvailles nostalgiques : Hamiti Khaled, Akli Oumkrane, Bouhadi Abdelkrim, Allouche Tahar, Aggoune Nacer, Belmihoub Salem, Belrachid Mabrouk, Azouguène Kamel, Djoulaït Djamel, Djilali Oudava, Nedjar Djamel, Azzi Athmane, Labadi Kaci, Belrachid Kamel, Belmihoub Salem, Allouche Zoubir, Azzi Moussa, Mesbah Saleh, Kheloufi Ali, Larbi ouaidel, Mesbah Hafid, Belmihoub Kader, Belmihoub Hassen, Kheloufi Athmane, Azzi Zoubir, Belmihoub Hafid, Madjid ouvelkacem, Kechidi Khiari, Mesbah Ferhat, Bouhadi Dehmane, Terass Farid, Hassen Ouchia, Tahar Oulounis, Belmihoub Yacine, Ouziri Karim, Larab Ali, Mesbah Elwahab, Bounegueb Samir, Dellouche Kamel, Belmihoub Elwahab, Ferhat Ourqam, Belrachid Djamel, Taleb Youcef, Belmihoub Youcef, Belrachid Messaoud, Abedelkrim d’Ath Sassi, Allouche Alaoua, Azzi Zinedine, Adda Brahim…

    Parmi les invités on reconnaît des noms célèbres qui ont vraiment marqué la mémoire du football local. A ce jour, tous les passionnés de ce sport de toutes générations confondues en parlent encore et encore. Obligatoirement avec les années nos joueurs ont pris un coup de vieux mais la soif de se retrouver sur ce terrain, tous ensembles, après de longues années d’absence, est une motivation sans limite et un excellent catalyseur pour reconquérir l’amour du football. Le bien être en guise des retrouvailles de nos footballeurs avec la même envie de s’amuser, comme autrefois, a énormément touché tous les supporters. Les applaudissements et les encouragements rajoutent à l’air de la fête une touche émouvante. L’un des secrets de la réussite de ce genre d’évènement est forcément l’excellente organisation des initiateurs. Ces derniers ont voulu en toute simplicité et avant tout se faire plaisir. Au final, ce match est une réussite comme un spectacle sportif drôle et émouvant. Nos vétérans sont prodigieux à avoir pu partager ce sacré moment avec tous les supporters.
    Dans la grande valise de voyage de mon frère, il y a en outre une réserve de galette et de makrout qu’il va falloir partager avec des amis(es). J’aurai de quoi tenir la route le temps que j’aille rendre visite à Da Omar à Blois que je salue chaleureusement au passage en lui disant : « D’après notre ami Nordine, revenu d’un séjour d’Ighil Ali, tu étais l’initiateur d’un magnifique tournoi de pétanque. À ma connaissance, c’est le premier du genre, ça mérite vraiment tout notre encouragement. Bravo pour l’initiative et surtout à l’intelligence d’importer une idée si remarquable que j’imagine plaisante en pratique. Pourrais-tu nous en dire davantage? »
    Ma surprise n’est pas tout à fait finie. Ma mère a même insisté pour m’envoyer du poivron frais d’Ath Aâbass. Le sucré-salé avec un arrière gout légèrement piquant de ce légume fétiche de la région, récolté en cette période, laisse toute personne éternellement attachée à cette saveur unique. Dans ma fouille curieuse, je distingue un pot d’ail mélangé à ma connaissance avec la coriandre et l’huile d’olive à la traditionnelle. Et pourtant, lors de ma dernière visite, je n’ai pas voulu en prendre mais ma mère a réussi à convaincre mon frère de me l’expédier. C’est la grande puissance de la persévérance de nos mères. Qu’elles sont sacrées nos maman !
    Nos pensées à toutes les personnes qui ont perdu cet été des proches, recevez mes condoléances les plus sincères. Particulièrement, à celles et ceux qui ont perdu leur mère. Je ré exprime toute mon union avec nos amis du site d’Ighil Ali (M. Louis qui a perdu sa mère à l’âge de 97 ans à la fin de mois de juin dernier; la maman de Tahar Djetten, Farida Belarbi à l’âge de 54 ans, Omar et Laâyachi qui ont perdu leur maman Taâdjit). (S’il y a celles que je n’ai pas citées, à leur familles, veuillez me pardonner et recevez toutes mes sincères condoléances).
    M. Louis, notre instituteur, nous vous saluons du fond du cœur. Vous qui êtes à l’image d’un père moral dans notre maison commune, site d’Ighil Ali. Sous ce toit partagé en toute amitié et fraternité, nous vous invitons à nous faire part de votre expérience et témoignage. Votre présence sage et poétique apaiserait certainement nos âmes touchées par ces aléas divers de la vie et atténuerait nos peines communes.


    Dernière édition par allouchehakim le Dim 6 Sep - 22:26, édité 2 fois

    Message le Sam 5 Sep - 12:47 par allouchehakim

    Souvenirs nostalgiques du passé: (Suite)

    Porter le maillot 18:

    Ce matin-là, nous avons croisé, avec mon frère, par pur hasard notre voisin du village Kamel MESBAH à Dugommier dans le douzième arrondissement. Quelle merveilleuse coïncidence ! Il est heureux de nous faire visiter son lieu de résidence. Il se sent bien à l’aise où il vit. C’est toujours réconfortant de voir quelqu’un qui s’en sort pas mal. Evidement, le sujet porte autour des mariages et les décès au village.

    Le décès de notre enfant du village Ahmed Oublaïd, survenu lors d’un déplacement sur Alger dans un accident de voiture aux environs de Palestro (Lakhdaria), est une nouvelle extrêmement pénible que tout le monde a du mal à accepter. Alors que notre ami Ahmed vient juste de se marier cet été, sa disparition est tombée comme un terrible coup de massue sur nos têtes.
    Sans doute, il est beaucoup trop tôt pour commenter ce drame. Pour l’instant, ce qu’on peut dire est que le devoir à la prévention pour que chacun soit prudent sur la route pour assurer la sécurité de tous nous interpelle. Déployer plus d’effort de sensibilisation que ce soit par les pouvoirs publics ou la société civile pour limiter la spirale meurtrière des accidents de la route est plus qu’urgent. C’est une discipline que nous devons nous instaurer au quotidien et l’avoir comme objectif prioritaire pour pouvoir diminuer les chiffre officiels très alarmants des nombres de décès et de blessés sur les routes.
    Durant cette rencontre amicale, nous avons eu le temps de prendre un café et d’échanger des nouvelles. Toutefois, le moment passe vite d’autant plus que c’est la journée de retour de mon frère au pays. Nous sommes pressés, il va falloir se quitter et se dire au revoir. Avec une amie, nous accompagnons mon frère et sa petite famille à l’aéroport. Avec des cœurs serrés, nous leur souhaitons un excellent voyage. Ce sont des moments agréables et pleins de bonnes surprises. A la fin de séjour, je me dis que c’est vraiment agréable de recevoir un membre de la famille quand on vit loin car ça permet de se ressourcer tout en restant chez soi.
    Dès mon retour, à la fin de l’après midi, la coïncidence a fait que je recroise mon ami Kamel. Alors qu’habituellement on ne se voit qu’occasionnellement. C’est assez rare de revoir dans la même journée une personne qu’on connaît dans une grande ville comme Paris. Alors, nous profitons de ce moment autour d’un verre. Kamel est surnommé : « 18 ! »
    A un certain moment de notre échange, sans trop réfléchir, j’ai osé lui poser la question :
    -Excuse-moi Kamel ! Mais pour quelle raison on te surnomme : « 18 ! » ?
    Il rit pendant un moment avec un sens d’autodérision vraiment fabuleux et puis il raconte:
    -À l’âge de cinq ans, je joue dans le champ avoisinant Talekh au dessous du cimetière au flanc de la colline. Soudain, je me suis fait piquer par une abeille. Je remontais le sentier en vitesse et en criant « Ayema Tizizwit ! Tizizwit ! Tizizwit ! Ayema Tizizwit ! Tizizwith ! Tizizwit ! » (Maman ! Je me suis fait piquer par une abeille).
    Sur mon chemin, je croise un groupe de jeunes à l’époque qui ont entendu mon cri et mon sanglot. Avec mon accent d’enfant, ma prononciation de Tizizwit (Abeille) est proche de dix huit (18). Ce groupe est tombé par terre dans un fou rire général. Depuis ce jour, tout le monde m’appelle : « 18 ».
    Mon frère Messaoud, le passionné de football, est connu pour ses plateaux légendaires vibrant les supporteurs de notre village par les applaudissements. Quant à moi, en dehors même du terrain, je suis plus connu d’avoir toujours porter le numéro 18.
    Figure-toi, à l’école mes instituteurs m’appelaient parfois ainsi. Une fois, avec les élèves nous sommes en rang pour rentrer en classe. C’est un cours d’animation avec M. Louis. Mon cousin Farid et moi sommes inséparables. Nous nous mettons toujours en première ligne. Ce jour-là, pour éviter de faire le cours, nous avons eu une idée diabolique qui consiste à boucher la serrure de la porte avec des allumettes et de la terre. L’idée est de bloquer l’accès à la salle de classe. Mais, M. Louis, nous a de suite interpellés. Il nous a puni tous les deux avec une bonne correction. Mécontent, je me souviens comme aujourd’hui quand il m’a dit : « Si toi tu t’appelles dix huit ; moi, je te réduirai à zéro ». Nous avons causé un retard à tout le monde. Il a fallu toute une gymnastique pour ouvrir la porte.
    A la fin de la punition, M. Louis nous rappelle pour nous offrir à chacun un sac de billes de toutes les couleurs. Une de ces billes est plus grande que toutes les autres. Avec pédagogie, il nous expliquait de ne jamais refaire ce genre de bêtises et de rester sages.
    Nous étions heureux de la merveilleuse récompense. Souvent, il me demandait d’aller au tableau, de prendre un bout de craie et de faire plein de ratures. Et puis, avec soin de ses mains d’artiste et magiques, il nous dessine en faisant apparaître : un animal, un oiseau,… Il a le talent de créer de véritables œuvres artistiques.
    Tout à coup, la tête baissée et la mâchoire serrée, notre voisin est pris par ce moment d’absence absorbé par une pensée profonde. Ce silence profondément nostalgique lui coupe le souffle. C’est un moment émouvant où ses yeux s’humidifie. Puis, il se ressaisit en expirant d’un coup: « Eh oui ! J’aurais aimé revoir un jour notre instituteur, M. Louis. Je veux de tout cœur lui exprimer toute ma reconnaissance et mon admiration ».
    Ce moment m’a fait penser à une autre rencontre, lors de mon dernier séjour avec Bencherif Mohand Seghir, ancien élève de M. Louis. Après de longues années loin du village pour des raisons professionnelles, il est aujourd’hui retraité. Il passe ses après midi avec ses chèvres aux champs avoisinants. Comme toutes les fins de journée de mon séjour avec mon ami youyou nous faisons des randonnées dans les champs autour du village. Ce jour-là, il faisait déjà nuit, ses chèvres pressées de rentrer à la maison, elles le tirent sur cette montée à l’image des chiens loups du cercle polaire. Lors de notre échange, il tenait également à passer un bonjour chaleureux à notre professeur.
    Nous sommes vus à cette montée de Marie Rose où il y a plein de travaux. Parait-il, ce projet de construction au cours est la réalisation d’une bibliothèque municipale à cet endroit. C’est une bonne nouvelle !
    Pour revenir à notre rencontre avec Kamel, heureusement que j’ai pris mon ordinateur portable avec moi. J’ai eu le temps de lui montrer quelques photos de ce match amical des vétérans. Il a bien reconnu la génération de son frère Messaoud, notamment dans cette photo mythique que notre ami Chihab nous a envoyée pour laquelle nous le remercions vivement. A l’occasion de cette rencontre dans laquelle notre ami Djamel Djoulaït nous a honorés de sa présence, nous allumons une bougie à la mémoire de ses deux coéquipiers (Mesbah Messaoud et Atti Lakhdar) que le ciel ait leurs âmes.
    Cliquez sur le lien pour visualiser la vidéo:
    http://www.dailymotion.com/user/Tamurtiw/video/xadyhh_les-retrouvailles-des-veterans-a-ig_sport


    Par ailleurs, ce qu’il y a lieu de noter dans cet échange est que la culture du surnom est un phénomène qui existe dans le quotidien du village. Souvent, la personne est connue par son surnom plutôt que par son vrai prénom transcrit à l’état civil. Parfois même, le surnom se transmet à la descendance comme une tradition à l’image de perpétuation des prénoms des ancêtres mais qui se fait, cette fois-ci, par transmission orale.
    A ce propos, quelle est la finalité de la continuation à nommer notre descendance par des prénoms de personnes disparues qui nous sont chers ?
    En fait, c’est une pratique très répandue dans notre culture. C’est une façon peut être de guérir, d’atténuer ou du moins rendre la peine supportable. C’est ainsi avec le temps, le deuil d’un disparu laisse place progressivement pour retrouver la beauté et la joie de vivre. Certainement, tous les prénoms de décédés qui font notre plus grande tristesse dans cette rubrique nécrologique aujourd’hui seront inscrits comme des espoirs joyeux dans celle des naissances de demain.
    Et enfin, à ceux qui nous ont fait rêver pendant des années en animant la vie du village avec discipline, sportivité et art : « Merci d’être revenu dans ce stade qui a bercé des générations et générations ! ». Rien que par la présence, vous avez réveillé notre âme d’enfant. Peu importe l’âge et l’itinéraire de chacun et peu importe la couleur ou le numéro du maillot porté, ce que nous retenons se sont ces moments légendaires teintés de plaisir, de jeu et d’esprit d’amusement. Vous nous avez appris que le football peut être plus qu’un sport, c’est un art de vie à perpétuer. Vous êtes nos revenants et nos maîtres que nous apprécions tant ! Même si vous atteignez, parfois, les extrêmes limites à sentir la mort d’épuisement et vos sueurs affichant la grande fatigue mais vos sourires mythiques nous dictent constamment avec grâce que vous êtes heureux. Quel privilège de vous revoir ! Merci d’avoir partagé tous ces moments précieux où vous nous avez montré que, malgré tout, la vie vaut la peine d’être pleinement vécue.

    Bonne appréciation !

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