Yessis n Teryel

Amuggar n Teqbayliyin - Forum des femmes kabyles


    Les vacances virent au drame

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    allouchehakim

    Masculin Nombre de messages : 56
    Age : 43
    Localisation : Paris
    Date d'inscription : 11/02/2007
    30072010

    Les vacances virent au drame

    Message par allouchehakim

    Les vacances virent au drame :

    Ma cousine Lila ALLOUCHE est décédée le dimanche 25 juillet 2010 suite à une noyade tragique sur la plage de Tichy à Bejaia. Pour passer des vacances cet été, elle vient juste de louer un appartement pour son séjour près de l’hôtel des Hammadites. Vingt quatre heures après son installation à Tichy, accompagnée de ses deux petites nièces et sa fille, elle se rendit à la plage. Sa nièce se trouvant en difficulté dans une mer devenue brusquement violente et agitée, elle n’hésita pas à plonger pour la secourir. Néanmoins sa lutte ne suffit point à ce qu’elle s’en sorte elle même indemne.
    Et pourtant les gens de son entourage la connaissant diront qu’elle était comme un poisson dans l’eau. En effet, c’est une excellente nageuse. Manque de bol, il paraît que ce jour-là, il n’y avait ni maîtres nageurs ni la protection civile dans les parages. Ce que devait arriver… arriva avant que sa sœur et son beau frère, venus d’Alger, qui étaient sur la route rejoignent le reste de la famille.
    Lila ALLOUCHE était la fille de mon oncle Dhada Hamid et Hemama Twiaich (Yaâich). Elle a rejoint sa maman au royaume des cieux qui nous a quitté il y a de cela un an et demi, Paix à leur âmes !
    Lila était Chirurgien spécialisée en orthopédie à l’hôpital Maillot de Bab El Oued à Alger. Elle n’avait que 42 ans et mère d’une fille de huit ans. C’est une situation de deuil où le choc est excessivement terrible. On n’arrive pas à y croire !
    En ces moments de deuil, il y a de ces souvenirs qui remontent passant dans ma tête comme un film qui se nourrit de la mémoire d’enfance. Je devais avoir 8-9ans lors d’une période estivale, ce fut elle qui m’apprit pour la première fois à jouer au scrabble. Elle observa que j’étais vexé lors de cette partie d’initiation où je n’étais pas du tout dedans alors que les autres petits cousins n’arrêtaient pas de gagner des points. Elle décida alors de constituer des équipes à deux où j’étais cette fois-ci son coéquipier. J’étais aux anges d’être dans son équipe car tout d’un coup son assurance me motivait pour vraiment mieux jouer. Elle nous occupait mes cousins et moi avec d’autres jeux également. Je me souviens d’un jeu de voyance où on s’amusait à improviser pour lire la pensée présente de chacun consistant à deviner son futur. Elle me disait que j’étais excellent. Hélas, j’aurais bien aimé que ce soit vrai pour lire ce destin invraisemblable.
    C’était une femme qui inspirait beaucoup de respect ayant du courage, de l’élégance et énormément du dévouement. Elle avait cette présence bienveillante et admirable. La générosité de son écoute faisait d’elle une personne qu’on aimait tant ! Sa compétence et son parcours professionnel sont d’une exemplarité frappante. Que ce soit pour sa famille ou son cercle relationnel, le moins qu’on puisse dire en cette douloureuse épreuve : « C’est inévitablement une perte inconsolable ! »
    Pour récupérer le corps de notre regrettable Lila, il a fallu toute une démarche administrative au niveau des autorités concernées de la wilaya de Bejaia semblable à un véritable parcours du combattant. La chaleur caniculaire de cet été ne permettant pas de garder la défunte plus longtemps, elle a été inhumée plus tôt que prévu en pleine nuit du lundi à 23h:30 au cimetière d’El Alia à Alger, Paix à son âme !
    Dans cette douloureuse épreuve, je suis profondément attristé en pensant de tout cœur à toute ma famille et à mes proches. Et ainsi qu’aux sœurs de Lila (Samia, Linda), aux frères (Mohand cherif, Yacine) et à mon oncle Dhada Hamid. Je n’oublie pas Laetitia qui vient de perdre sa maman et sa grand-mère Hemama l’année dernière et qui doit se sentir maintenant désemparée. Nous nous associerons tous afin qu’elle se sente aimée et soutenue.
    Je pleure avec ce chant de flûte avec laquelle je joue pour la première fois qui m’a été offerte par un maître flutiste des chants de kabylie, Aâmi Ali n Aziv n Chiekh lors de mon dernier séjour à Ighil Ali. Cet air improvisé des chants kabyles intitulé « Larme de l’exil » « Imetti n lgherba » est dédié à ta mémoire ma chère cousine, je pleure ta séparation bouleversante, je pleure ce destin injuste, je pleure…

    Cliquer sur le lien pour voir la vidéo

    http://www.dailymotion.com/video/xe7kzg_larme-de-l-exil-imetti-n-legherba_webcam


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