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    Un cirque en chantier 1er événement culturel à l’île Seguin

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    allouchehakim

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    28062011

    Un cirque en chantier 1er événement culturel à l’île Seguin

    Message par allouchehakim

    Un cirque en chantier 1er événement culturel à l’île Seguin:

    Cette semaine, je suis invité pour aller voir le spectacle Sarkha (Cri) par mon amie Shanti, une véritable passionnée du cirque. Sarkha est une coproduction de l’Ecole des Arts de Tunis et Balagan Internatinal. Je me prépare avec enthousiasme et curiosité en ce jeudi 23 juin 2011 pour me rendre à l’île Seguin à Boulogne Billancourt. De mon côté, j’ai promis d’inviter un ami, Merouane, originaire de mon village natal en Kabylie, Ighil Ali. C’est une bonne occasion car il n’avait jamais pu voir un spectacle de ce genre.
    Dans ce charmant hôtel, Le Relais Du Marais, mon lieu de travail, l’accueil se fait avec plaisir et bonne humeur. Chaque membre de l’équipe à la réception ayant des traits de personnalité qui lui sont propres, utilise habituellement des formules pour accueillir, souhaiter la bienvenue aux clients dès leur arrivée. Une des fonctions du réceptionniste, est d’informer en montrant divers itinéraires pour visiter des lieux touristiques connus : Tour Eiffel, Centre Pompidou, Musée du Louvre, Musée d’Orsay, Château de Versailles, Notre dame, Sacré-Cœur, Disney Land…
    La nouveauté en ce mois de juin est certainement le 1er événement culturel du cirque en chantier sur l’île Seguin. C’est une belle opportunité pour tout passionné des arts d’aller tout au bout du Pont de Sèvres, terminus ouest de la ligne 9 du métro de Paris. L’Ile Seguin est-elle en train de devenir l’un des pôles culturels majeurs du projet Grand Paris ?
    C’est la fin de ma journée ! Il est 19h :00 Kamel arrive pour me remplacer pour la nuit. Le spectacle commence à 21h :00. J’ai un peu de temps devant moi afin d’échanger les nouvelles avec mon collègue et attendre patiemment Merouane que je devrais rencontrer à la place de la République pour partir. Il est déjà 20h :00 quand je reçois un appel de mon ami m’informant avec déception qu’il ne pourra malheureusement pas me rejoindre pour une raison professionnelle l’obligeant à sortir tard. J’ai tenté de contacter un autre ami en vain il n’était pas disponible. Par crainte de louper le rendez-vous, je prends de suite le métro. En arrivant au terminus, je choisis en regardant le plan la sortie : Forum du Pont de sèvre.
    Je me rends compte que c’est vraiment bien indiqué sur le quai de Georges Corse. On y trouve à chaque dizaine de mètres des pancartes signalant le sens pour traverser le Pont-Renault et arriver à l’île Seguin. Inauguré en 2009, ce pont fut conçu par l’architecte français Marc Barani. Cette passerelle piétonne est nommée relativement à l’île qui abrita de 1929 à 1992, une usine de construction automobile Renault qui couvrait la quasi-totalité de l'île. Les bâtiments industriels ont été rasés en 2004/2005. En traversant ce pont, la vue est remarquable. Être seul au dessus de cette eau de la Seine qui brille sous la lumière du coucher de soleil sous un ciel un peu nuageux où souffle un vent doux dans ces premiers jours d’été procure une sensation de liberté et de rêve. Un sentiment agréable me poussait à faire quelques photos et vidéos. Une prise vers l’ouest est inévitable vers le soleil qui se laisse volontiers se couvrir légèrement par une écharpe grise et blanche laissant échapper la luminosité rappelant instantanément à l’esprit toute l’élégance et la grandeur d’un ciel féerique. De l’autre côté vers l’est, on distingue le chapiteau tout au fond d’un espace vert où un jardin est aménagé avec une architecture moderne intégrant des places de repos et de détente où on trouve des tables, des bancs…etc.
    Sur le tapis rouge à l’intérieur du chapiteau, je reconnais Isabelle souriante venant me chercher et m’orienter vers une hôtesse. Cette dernière m’informe qu’il ne reste que deux places sur le côté gauche de la scène. La salle est archi comble ! Je me faufile discrètement pour m’assoir enfin tout en haut. Le spectacle « Pentimento » commence ! Je suis assis vraiment tout près du régisseur de lumière. Je le vois en train de suivre avec concentration son plan posé sur sa table sur lequel sont écrit toutes les informations techniques et les effets de la lumière. Je suis également surpris de voir au dessous, du côté droit, l’orchestre de musique classique. C’est étonnant pour moi de voir d’emblée à la fois le spectacle et une sorte d’arrière plan inattendu. Tous ces esprits sont au service pour une meilleure prestation de tous les artistes du cirque.
    Les applaudissements d’un public chanceux et ravi dès le début de cette représentation est le meilleur signe de satisfaction des plus encourageant pour la scène animée avec une richesse d’acrobatie, figures aérienne, équilibres, manipulation, jonglage... Avec éblouissement, le spectateur perçoit l’aisance d’exécution des mouvements grâce à la souplesse, force et technicité d’une troupe complice et complémentaire.
    Cependant à la fin des acclamations, un jeune adolescent assis au rang au dessous attire particulièrement mon attention car il continue d’applaudir en étant volontairement décalé avec le public. Le regard des gens autour exprime un agacement et de mal aise. Au bout de la troisième fois, avec une impression d’un adulte sérieux, je n’ai pas hésité à demander à ce jeune faisant le malin en lui posant tout simplement la question :
    -Pourquoi tu fais l’intéressant ?
    Il me fait signe vers son ami en disant :
    -C’est parce que je suis avec lui !
    -Si vous voulez devenir un jour des clowns talentueux et célèbres comme ceux que vous voyez là-bas sur scène, vous avez intérêt à les observer et profiter pleinement du spectacle ! D’accord !
    -Oui Monsieur !
    Le message est reçu. Je suis content de ma mise au point qui a l’air de bien fonctionner. En effet, ils sont aussitôt ressaisis pour se laisser emportés par l’envoutement d’une magnifique présentation de Pentimento. C’est la version cirque du "Lac des cygnes" conçue par Madona Bouglione. Il faut dire que le décor est coloré avec des effets scintillants et magiques. L’animation est faite avec une élégance remarquable des mouvements des clowns et artistes du cirque. Les costumes portés par ces derniers sont choisies avec beaucoup de goût et finesse. C’est une véritable rêverie faisant du corps un conteur qui attache toute l’attention du spectateur en lui prenant la main vers le monde de l’émerveillement. C’est une expression poétique faite avec subtilité montrant toute la beauté du corps. La virtuosité de l’acrobatie sous les effets de lumière opérés avec art se laisse vibrer avec inspiration par la mesure et le sens mélodique d’une composition de Tchaïkovsky. La présence des musiciens doués et d’un chef expérimenté puisant pleinement avec talent de la science d’orchestration donne une vitalité et une âme au spectacle pour apprécier ces moments forts et émouvants.
    À la fin de ce premier spectacle fortement acclamé, la mise en place d’un nouveau décor se prépare aussitôt pour le spectacle suivant. C’était prévu que tout le monde sorte mais une partie du public est restée. J’ai fait de même en allant rejoindre Shanti, assise aux places du milieu face à la scène. Elle me fait signe de loin en compagnie de Daniel, son ami de longue date qui écrivent tous les deux dans la revue « Bretagne Circus ». Lui aussi un grand passionné du cirque qu’elle m’a présenté en 2004 lors d’une rencontre artistique aux Frigos à Bercy.
    C’est à la fois apaisant et enrichissant de faire des retrouvailles amicales dans la sympathie et l’humour sous l’atmosphère d’un événement culturel aussi amusant et grandiose comme celui du cirque en chantier. Mon amie me montre de loin Madona Bouglione, la directrice artistique du Cirque en Chantier.
    Avant même que ce 2ème spectacle commence, on entend un cri vif et étrange: « C’est Sarkha, Cri en arabe ! »
    C’est parti pour Sarkha ! C’est une mise en scène d’un cirque moderne où la danse, le théâtre, la poésie et l’acrobatie sont mêlés pour créer un style nouveau dont le moins qu’on puisse dire est un genre inclassable ! Le message est dénonciateur et révolté. C’est une interprétation poétique marquée par des états du corps se joignant aux mots pour être un vecteur d’expression, de transmission et d’échange. L’interaction entre les neuf circassiens composants la troupe tunisienne Nedjma réussit à faire émerger avec art une impression d’un constat sociétale frustrant et alarmant. La poésie dénonciatrice est interprétée par une voix forte, engagée et éclaireuse. C’est une sélection issue du livre Florilège, Anthologie de la poésie tunisienne. On y trouve des textes de poètes tunisiens connus (Abdelkarim Khalqui, Jalel Lahbib, Noureddine Bettayeb, Fatma Ben Mohmoud, Chedli Zoukar, Abdelwahab Mansouri et Belkassem Marzougui). Ce répertoire est choisi par Laurence Levasseur, auteur également de la mise en scène et la chorégraphie de Sarkha. La composition musicale est jouée, entre autre, par des instruments d’orient (Oud, Ney…). L’interprétation laisse l’oreille bercée par des sons mélodiques fascinants. Accompagné par des figures et acrobaties exécutées avec souplesse et équilibre du corps, ce cri est profondément émouvant. C’est un mélange à la fois de douceur et de violence. Il y a des moments au cours du spectacle où on perçoit grâce aux talents des artistes toute l’intériorité enfouie en touchant la profondeur de l’âme. D’autres passages, on sent une sorte de séries de dynamiques interactives faisant penser vraisemblablement à un mouvement humain sous forme de tourbillon en soif de changement. On comprend vite et clairement que les chorégraphies sont teintées de diverses symboliques qui sont faites en référence à certains phénomènes de société. Sans doute, en s’appuyant sur une intuition visionnaire des thèmes abordés, Sarkha est complètement en phase avec la transition qu’un beau pays comme la Tunisie vit actuellement. Ce métissage des nombreuses expressions artistiques engendre un tout mobile et interchangeable traçant la voie comme une aide précieuse à la prise de conscience et à la compréhension d’une réalité complexe. Sachant que ce spectacle a été crée en 2009, n’est ce pas la puissance d’un art prémonitoire !
    Avec mes amis, nous sommes finalement rentrés à minuit en voiture en empruntant les quais où l’envie de voir la Tour Eiffel la nuit ne s’assouvit guère même vue à maintes reprises. L’œil se laisse emporter sous le charme illuminant à l’image d’une gracieuse femme habillée d’or maitrisant comme une sorte de don, l’art de la séduction.
    Enfin, l’accueil chaleureux du public en ce coup d’envoi des activités culturelles et artistiques sous le chapiteau du cirque en chantier est une inauguration mémorable. Il donne un avant-goût d’un avenir encourageant avec une saveur prometteuse à ce que l’île Seguin dans l'ouest de la région parisienne dans le département des Hauts-de-Seine serait un jour de même que cette belle dame de fer, un lieu des plus créatifs et attractifs.

    Cliquer sur le lien pour voir la vidéo:

    http://www.youtube.com/watch?v=_PYwLv7WWyU



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