Yessis n Teryel

Amuggar n Teqbayliyin - Forum des femmes kabyles


    Teryel Yemess N dounit ou Teryel mère divine

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    allouchehakim

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    Localisation : Paris
    Date d'inscription : 11/02/2007
    25032007

    Teryel Yemess N dounit ou Teryel mère divine

    Message par allouchehakim

    Teryel Yemess N dounit ou Teryel mère divine

    A l’image de ces rêves délicieux décrits par une femme divine, je me sentais exalté par les miens. Je voyais cette femme habillée en robe tressée de grappe de Jacinthe Noire. Son habit m’intriguait au point de semer en moi le mystère. Parmi le petit monde autour de moi, il y avait ceux qui disaient qu’elle n’est plus parmi nous ; d’autres sont plus méditatifs, ils disaient qu’elle vit parmi nous. Elle avait la plume trempée en encre miraculeuse. Les bienfaits de cette encre sont semblables à ceux de l’eau. C’était le liquide précieux que le grain magique absorba paisiblement pour germer. Je regardais, longuement en contemplant la pleine lune, au ciel. Ce regard a fait de moi un homme bienheureux. J’entendais la voix de cette femme réincarnée en planète terre chanter : « Qui de nous est la belle, ô lune ». La lumière émanant de la pleine lune illuminait l’obscurité au point d’apercevoir des roses de vive blancheur. Dans mon rêve, la femme divine illuminait mon chemin. Chaque rayon émanant de la profondeur de son cœur était un conte qui guérissait le mal de mon esprit. Elle m’apprenait à mon tour de devenir source de lumière. Je grandissais avec la sensibilité des émotions qui s’évadaient entre les tiges des fleurs cousues. Cette évasion procurait à mon âme le sentiment d’un grand Amour sous forme d’un vers de poésie. Aimer c’est hanter ce corps longuement assoiffé de lumière. Heureux d’être à la merci de l’aventure, je me perdais dans la nature en quête de retrouver mon destin. Cette passionnante aventure me permettais de sonder le temps par mes interrogations multiples. J’en abusais au point d’avoir mes lèvres entièrement asséchées. J’irriguais consciencieusement les champs de ma mémoire par l’histoire d’une créature pas ordinaire. Le temps s’adressait à moi pour me caresser l’oreille avec son timbre teintée en sagesse. Cette petite voix épelait son nom : «Teryel ! ». Soudain, je sursautais de mon sommeil profond en criant « Teryel ! ». Je croyais qu’après mon réveil que la confession de l’étrange créature s’arrêterait. Eh bien, la sensation était tellement intense que ma mémoire était confuse entre le rêve et le vécu. Petite voix angélique peux-tu éclairer mon chemin ?
    J’avais vraiment envie d’aller jusqu’au bout ce rêve. En signe de reconnaissance aux pouvoirs de guérison transmis par notre mère divine : «Tseryel » à sa descendance, je me fixais le but de rechercher un chemin sûr pour la rencontrer. En effet, ma guérison d’une maladie longtemps subie n’était possible que grâce aux pouvoirs surnaturels des filles de l’ogresse «Yessis N Teryel ». Leurs touches soigneuses élargissaient ma demeure initiale en m’offrant une chambre très spacieuse. L’harmonie envoûtait mon âme pour visiter cet espace. Les anges ouvraient les portes de ma chambre avec beaucoup de tendresse. Avant de rentrer, je partais récolter les fruits des écris et œuvres de maîtres sages « Iwaγzniwen ». Sur mon chemin, je voyais les grands maîtres cultiver avec don et art dans leur jardin paradisiaque. Ils m’ont initié par leurs enseignements pour m’aider à explorer l’univers profond du « Grand Soi ».
    Le premier enseignement est un message inestimable. Ce message est une philosophie de vie. Il m’était dédié de la part d’un poète et sculpteur, Maître Louis Raynier. Lors de notre échange, il me répondait : « … forges-toi une âme bien trempée, un esprit clair, un coeur généreux... et comme dit Kipling " Tu seras un Homme, mon fils !" On a tellement besoin d'hommes courageux et clairvoyants que je ne puis que t'encourager à poursuivre ton chemin; et si des fois, tu te trouves hésitant à la croisée de chemins pour faire ton choix, avant de prendre une décision, par un voyage intérieur montes sur les hauteurs d'Ighil-Ali, et du haut des sommets tu verras clairement la multitude des sentiers et parmi eux, tu discerneras celui qui te mènera au but que tu t'étais fixé. Tu sais, souvent je montais tout seul sur les sommets au-dessus d'Azrou et de là-haut je méditais et je respirais l'air vivifiant: et dans un regard intérieur, je recherchais mon chemin; et ses paysages, je les ai toujours en mon intérieur et m'ont permis de construire et parcourir mon chemin de vie; en même temps j'ai pu me forger une certaine philosophie de vie et porter un regard lucide et fraternel sur mes frères humains... »
    Le maître sculpteur me montrait l’une de ses magnifiques œuvres : « Les deux colombes ».

    Son enseignement est un chemin qui mène au but fixé dans la joie et la paix.
    Le deuxième est une panacée aux maux de l’esprit « Yetsdawi leεqel » d’un deuxième Maître nommé HMED LEHLU, poète d’expression amazigh. Son recueil est intitulé : « ABRID ABRID ». L’extrait choisi était mon guide sacré.

    AMESBRID
    Mačči d amesbrid i irefden
    D abrid I irefden amesbrid


    Aniwa akka yessawalen abrid abrid

    I d-yessawlen d nekkini
    Σyiγ kkawen ifadden
    Ad am-iniγ efk-iyi
    Cwit n waman isemaden
    Stefu dihin i tili
    Ad ak-d-awigh I k-iεğben
    Ma tebyid yella imekli
    Ulac d acu ara ad k-ixassen


    Lefhama-m terna fell-am
    Akken ihnined a yelli
    Mel-iyi di leεnaya-m
    Ur teffer acemma fell-i
    Isefra-nni anisa I m-d-kkan
    Wi i m-islemden anect-nni
    Leğruh mi I m-d-slan hlan
    Wama fad iruh fell-i


    Isefra-nneγ d asiwel
    Mmalen abrid I w in ur t-nessin
    I uderγal ad imuqqel
    Win yettsen a t-ssakin
    Yes-sen lehbas ldin
    D nutni I d ddwa n leεqel
    Mudden afus i win yeγlin


    S tidet zeddig wuli-im
    D alim iyi-d-terrid tiyri
    Mennay-d a win ad kem-yawin
    Ad tilid yid-s d lemri
    Ur ittlaz ur itthegg I aεwin
    Γef aman ur yettnadi
    Tit d Wul ad am-inin
    Yya-d ad teddud yid-i


    Ihemmel wul win it-hemmelen
    Yeggul yid-s yebbdi
    Alama yebda-yaγlekfen
    Winna d lweεd n rebbi
    …/…


    Le troisième est une œuvre de mon ami l’artiste Mesbah Chaâbane. Cette œuvre me fait penser à une histoire kabyle authentique. Cette histoire est celle d’un jeune homme qui a choisi d’aller pour vivre en exil loin de sa famille et de pays. La nuit de son départ, sa mère préparait un couscous traditionnel dans une couscoussière en terre cuite. Le jeune était heureux et reconnaissant vis à vis de ses parents pour ce dîner d’un délice royal. Cependant, il sentait la tristesse d’un arrière goût très amer à cause de son départ. A la fin de la soirée, ses parents lui souhaitaient de faire un excellent voyage, de prendre soin de lui et de vivre heureux. Enfin, son père tenaient à lui offrir la couscoussière avec laquelle le savoureux couscous était préparé en lui disant : « Mon fils ! N’oublie jamais d’où tu es parti »

    Dans mon voyage céleste, je rencontrais un être très élevé. Sa voix était savoureuse comme du miel et présente comme un ange gardien. Elle m’éclairait sur le bon sens de l’ogresse de « Treyel » et décrivait son bien aimé « Awaγzeniw ».

    Petite voix douce qui es-tu ?
    Je suis Teryel et toi promeneur qui es-tu ?
    Je suis l’éternel enfant et le messager en éveil
    Quel chemin t’a emmené vers moi ?
    Ma voie a été guidée par la beauté de ton corps et le parfum de tes fleurs.
    Mes ancêtres furent ivres par le désir de ta fille Loundja, fruit de tes saveurs
    Aujourd’hui ma passion inconditionnelle à toi l’arbre guérit toutes mes peurs

    Ô, l’ogresse de la pensée négative.
    Je suis en toi
    Ô, la créatrice de la pensée positive
    Tu es en moi
    Ton conte éveille ma mémoire
    Ta clarté nourrit mon miroir

    Ô, toi mère divine peux-tu décrire ton bien aimé Awaγzeniw ?
    C’est l’être qui sillonne perpétuellement le Grand Soi
    Il est reconnu comme étant le maître des maîtres sages
    Il se nourrit de la lumière pour faire aux disciples sa dictée
    « Amour, vérité, simplicité et service à l’humanité »

    à bientôt Wink
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    Message le Ven 30 Mar - 13:07 par louisa

    Azul Hakim, akw,


    Yessis n Teryel inspire les hommes. Tant mieux! Tel est, après tout, l'objectif de ce forum: rompre les solitudes!

    Hakim, ton récit est un formidable miroir de ce cheminement intérieur que devrait emprunter tout homme kabyle pour sonder ses profondeurs, exorciser sa peur lointaine de la femme et confesser, sans armures ni soif de pouvoir mais dans l'harmonie et l'équilibre, la délicieuse rencontre, de guérison comme tu l'appelles, entre Teryel et Waghzen!

    Je saisis ton récit pour rebondir très brièvement sur la thématique du forum: Teryel. Je l'ai un peu dit, peut-être très confuse, que dans Teryel, c'est le mythe et non le conte qui m'a intéressée!

    Car, la nuance est très importante! En effet, selon les définitions courantes:

    - un conte est un récit transmis oralement, avec plusieurs variantes. un conte est intéressant justement par son potentiel de transformations autour d'une trame narrative.

    - un mythe: étymologiquement, mythe veut dire parole. Tout un programme pour ce forum. Un mythe a pour fonction de fournir une explication du monde, notamment sa création (cosmogonie), les relations entre les hommes et les femmes, etc.
    On distingue le mythe cosmogonique (création du monde), le mythe d'identité (en le portant, la société, la culture affirment ainsi leur existence) et le mythe des origines (non seulement la société s'y identifie, mais le perpétue).

    Comment le mythe a glissé en conte? Pourquoi de Teryel, nous n'avons gardé que «l'ogresse»? Je n'en sais rien!

    Qu'importe. Ici, je me suis intéressée non pas au conte mais au mythe de Teryel. Pourquoi?

    - parce que le mythe cosmogonique prouve que les Kabyles, comme toutes les autres civilisations, avaient une certaine idée de la création du monde. Mémoire de peuple.

    - la femme avait un statut reconnu dans cette création. les Grecs avaient leur Gaïa, la «Mère-divine», les Kabyles leur Teryel.
    Du rang de femme de «pouvoir», la femme kabyle est passée à celui de vestale? Comment? Pourquoi?

    - Teryel, cette femme des temps hors de l'Histoire, serait à l'initiative du premier rapport sexuel qui a conduit aux conséquences que l'on sait.
    Ainsi donc, nous portons, nous les Kabyles, cette peur universelle de la sexualité et du désir féminins!
    Le péché originel incombe à la femme, «une donnée» partagée par toutes les sociétés, bien avant l'histoire de la pomme.
    Est-ce de là que nous vient cette peur séculaire du corps de la femme?

    Mais, fait anecdotique ou lecture fantaisiste, j'ai relevé qu'au lieu de la chasser en enfer ou d'en faire l'allié du diable, «le mythe kabyle» s'est contenté d'envoyer Teryel, la femme déchue, dans l'espace sauvage. Châtiment plus doux à mes yeux, l'espace sauvage étant symbole de découverte, d'aventure. De liberté et d'autonomie!

    Mais alors, pourquoi nous sommes «cloîtrées» dans une représentation du féminin si archaique, si rétrograde? Pourquoi cette image de nous, celle de femmes dépendantes, démunies?

    Aussi, me dis-je: Teryel est ce miroir qui nous aidera à reconstruire notre conscience de nous-mêmes, à réaffirmer notre liberté et à reconquérir nos contre-pouvoirs en les consolidant par la Loi, celle de l'égalité des sexes.

    Les féministes algériennes, au sommet de leur gloire (fin 80 début des années 90), ont forgé leur discours de légitimation dans la guerre d'indépendance algérienne, faisant ainsi le jeu de tous les mystificateurs charlatans qui ont fait le lit de nos aliénations et de notre déni.
    Les plus «téméraires» se réclamaient de la Kahéna ou de Fadhma n Sumer!

    Quitte à se «justifier», Yessis n Teryel ont décidé de regarder plus loin, vers Teryel, le mythe fondateur, le mythe des origines.

    Ainsi, la lutte pour l'émancipation de la femme kabyle et celle du peuple kabyle prennent sens dans Teryel, le mythe fondateur, le mythe des origines!

    Je ne réponds pas encore à la remarque concernant Waghzen. Ad yass wassis!

    Message le Sam 21 Juil - 12:38 par allouchehakim

    La bénédiction fraîche de la prostituée :

    Bonjour les anges ;

    La position assise à la réception de mon lieu de travail me fait penser à un voyage que j’ai fait à Amsterdam en 2006. A travers la vitrine en face de l’accueil, mon regard se nourrit de la sympathie échangée, de temps à autre, avec les passants dans la rue. La sérénité ambiante m’invite fréquemment à des rêveries lointaines. Mes pensées regagnent la réception dès l’arrivée ou la sortie de clients.

    Dans ce voyage, j’ai accompagné mon amie pour assister à son séminaire intitulé « Choisir la vie ». A notre arrivée, son organisateur nous attendait à la gare. Il était content de nous accueillir. Il a tenu à nous inviter ce soir-là à dîner. Il nous a emmené chez lui en empruntant des raccourcis. Il nous a fait passé par une ruelle où se trouvaient, à l’intérieur des vitrines, des femmes. A première vue, j’ai cru que c’était des mannequins en plastique qu’on trouve habituellement dans les magasins de vêtement. En fait, ce sont des prostituées habillées très légèrement voire même presque nues en attente d’éventuels clients. Les regards de ces femmes en attente me rappelaient la première et dernière prostituée de ma vie avec laquelle j’ai partagé quelques minutes.

    Durant, toutes les années passées dans mon pays en Algérie, je n’ai jamais eu de relation avec une prostituée même à Oran. Dans cette magnifique ville, surnommée petite Paris, où j’ai passé les premiers mois de mon service militaire, le contact avec les prostituées est très facile. Néanmoins, hors de toute considération de croyance religieuse, je n’étais jamais été attiré ni même imaginé avoir un rapport avec une prostituée.

    Dans les années quatre vingt dix, comme tout étudiant ordinaire, j’avais ma copine à l’université. Nous sommes resté ensemble presque deux ans. Nous avons décidé de nous séparer dans la joie et la compréhension car nous avions des horizons différents. J’ai eu, après ma première copine, quelques relations mais toujours de courte durée.

    En automne 2001, j’arrivais en France pour continuer mes études. Le fait de rester presque six mois absorbé par mon itinéraire quotidien à l’université générait en moi un sentiment de frustration. L’envie d’avoir une copine était, naturellement, présent mais les conditions n’étaient pas favorables pour moi. Je me sentais tout à fait dépaysé. De ce fait, il fallait prendre son temps pour s’adapter au nouveau système. Mon besoin d’affection commençait à me peser. Cette attente dans l’atmosphère de haute solitude accentuait mon désir. Mon cerveau était sans doute paralysé par la pulsion de l’instinct animal. L’envie d’avoir un rapport m’amenait à opter pour une solution jusque-là jamais essayée dans ma vie. Après tout, je me suis dit que j’étais en France. C’est un pays où il y a plus de solutions et de liberté de choix comparativement à mon pays d’origine. A cette époque, je travaillais le matin dans la distribution de journaux gratuits. C’était les premières vagues de productions des quotidiens gratuits. Je distribuais ce quotidien à la sortie de Métro. Je remarquais qu’à la station Strasbourg Saint Denis, la ligne 4, des femmes prostituées attendaient des clients. Deux ou trois semaines après, je partais à mon tour pour satisfaire ma libido. A mon arrivée, je traversais cette rue tout du long. Des prostituées étaient exposées comme des objets en vente d’un côté comme de l’autre. Une belle femme noire me faisait les yeux doux en me proposant ses services avec humour. Sans doute, mon choix portait sur le fait qu’avant ce jour-là je n’avais jamais eu de rapport avec une femme noire. Et donc, c’était comme une sorte de fantasme. Elle m’invitait à la suivre. Je l’ai suivi comme si j’allais récupérer l’objet vendu dans un dépôt. A ce moment-là, j’avais l’impression que mon âme s’était détachée de mon corps. Je suis passé avec cette femme par une ruelle sombre et triste. Nous sommes rentrés dans un vieux bâtiment où les escaliers très anciens en bois résonnaient donnant l’impression de s’effondrer. Cette rencontre inédite de ma vie s’est concrétisée au quatrième étage de ce vieux bâtiment inhabitable. La chambre était petite à peine pour mettre un lit d’une seule place. L’insolite était de s’asseoir sur un banc et d’attendre que la chambre soit libérée par un autre couple pour pouvoir rentrer. On se dit que toutes ces femmes travaillaient dans un bloc des urgences spécialisées pour retrouver en quelques minutes son équilibre sexuel. Cette situation pétrifiait brusquement mon être. Tout d’un coup, je perçois ma raison comme une ombre indissociable de mon corps. Elle attirait toute mon attention que ce n’était pas moi qui est en train de vivre cette expérience. J’entendais les gémissements de la femme à l’intérieur qui avait l’air très expérimenté dans l’art de la simulation. C’était aussi comme signe que la transaction commerciale de son service se déroulant comme prévue dans la négociation avec son client. La prostituée et son client sortaient de cette petite chambre qui ressemble à une prison où les âmes refusent d’entrer. Mon corps rentrait en voyant mon âme s’éloigner de moi pour assumer, tout seul, le sentiment de culpabilité. La femme fermait la porte avec une targette pour me signifier que la mécanique pouvait maintenant commencer. Ma chaire maudite par mon âme portait en elle quelques rares résidus de sensations. La femme me surprenait en tendant sa main comme une mendiante pour me faire comprendre qu’il fallait payer avant. J’ai payé quarante euros. Au même moment, nous avons sortis tous les deux des préservatifs comme si j’avais en moi tout en double. Une image qui ressemble à ces films western américain quand deux cow-boys font un duel. Elle était plus rapide que moi, elle a ouvert le préservatif avec ses dents qui brillaient dans une aire ténébreuse. En tout cas elle passait du temps à me tapoter mon bas ventre dans l’espoir de réveiller en moi l’instinct animal qui était sur le champs presque disparu. Elle réussit finalement à me mettre le préservatif. De évidence, il fallait passer à l’acte. En rentrant à l’intérieur d’elle, je sentais sa fontaine froide.
    Je lui disais : « Pourquoi ta fontaine est si froide ? »
    Elle me répondit : « Je reste pendant des heures debout dans le froid »

    Je n’en voulais en aucun cas à cette femme ni pour sa façon de donner du plaisir ni à sa gentillesse. Par contre, je m’en voulais à moi-même. Je voyais soudainement ma responsabilité au sujet de mon acte machinal. J’entendais le cri le plus violent de ma vie. Cette femme dont je ne connais même pas le nom m’a permis de vivre une expérience dans laquelle mon corps est froidement lâché par mon âme. Ce divorce entre corps et âme rendait instantanément ma carapace dans un état rocailleux et fissuré. Mon âme hurlait avec force et en répétition pour me faire comprendre une fois pour toute qu’elle ne voulait plus habiter mon corps. J’étais pressé de sortir dans l’espoir de retrouver mon âme complètement perdue. Les conditions pour la rejoindre de nouveau étaient, au départ, pour moi, comme un monde étrange, abstrait et difficilement perceptible.

    Que fallait-il faire ? Il fallait des longues nuits avec des pensées profondes pour comprendre ce cri. C’est un signe qui restera à jamais gravé dans le grand soi. Mon corps et mon âme se sont réconciliés pour trouver enfin un accord pour vivre en union cohérente. Cet accord est sous forme d’un contrat moral qui donne une finalité à mon existence. Mon corps redécouvre le plaisir en rencontrant l’Amour et le partage. Il est autorisé à rentrer dans celui de l’être aimé car nos deux âmes créent harmonieusement le bonheur. La fusion parfaite nourrit petit à petit l’extase. Ce sentiment est plus qu’une croyance mais d’être enfin, soi même, semblable au divin.

    à bientôt;)

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