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    Hymne à la vie

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    allouchehakim

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    Localisation : Paris
    Date d'inscription : 11/02/2007
    04042007

    Hymne à la vie

    Message par allouchehakim

    Hymne à la vie
    Bonjour les anges ;
    Cette semaine à l’hôtel où je travaille, un groupe de jeunes lycéens et lycéennes d’origine italienne est venu passer vacances à Paris. Comment je peux les décrire ? Rien que dans leur regard, je lisais des signes de vies plein d’amour et d’espoir. Ils illuminaient les cœurs assoiffés de lumière par les rayons de leur sourire affectueux. Je les voyais chaque soir arriver accompagnés de deux femmes. Ces dernières étaient leur guide parlant couramment les deux langues : français et italien. Les deux femmes encadraient avec intelligence et intuition ces jeunes pleins d’humour et de bonne humeur. Elles leur apprenaient à parler le français correctement et avec politesse. En tout cas, je suis toujours très heureux de les accueillir chaque soir et de les orienter à mon tour vers leur chambre. D’ailleurs, je commençais à mémoriser les numéros des chambres en fonction de leur visage angélique. Inévitablement, je ne peux m’empêcher de citer la série des numéros représentant une sacrée équipe mixte et bien soudée de jeunes voyageurs ou chacun est fidèle à son poste. Avec leur voix teintées de douceur, ils prononçaient correctement et avec saveur les fameux numéros : Douze, trente deux, vingt quatre, soixante trois, vingt trois, vingt cinq, trente sept, trente quatre, quarante et un, trente et un, quarante trois, quarante quatre, quarante cinq, vingt et un, quarante six, vingt sept et cinquante trois. L’une des professeurs insistait agréablement auprès de moi : « Si quelqu’un parmi eux ne dit pas bonjour en demandant le numéro de chambre suivi de la formule de politesse : s’il vous plait ; ne lui donner pas la clé ! ». Mon constat est que les jeunes demandaient naturellement leur clé en respectant les conseils du professeur avec art et politesse. C’est toujours un grand bonheur de les recevoir. J’ai beaucoup apprécié le respect très tendre entre eux. Ce respect que je ressentais en écoutant toujours une seule voix me demander la clé mais jamais deux à la fois. Et pourtant, ils étaient un groupe de trente quatre personnes. Certes, de première vue en les voyant arriver avec une forte énergie, on pourrait prédire qu’ils se marcheraient l’un sur l’autre. Cependant, La patience germait en eux comme une semence dans une terre arrosée par le bonheur.
    Ce jour-là tout est différent. Je l’ai voyais rentrer à l’hôtel avec des visages presque pâles. Probablement, ils ont beaucoup marché aujourd’hui. Par conséquent les signes de fatigue se lisaient facilement sur ces visages habituellement pleins de vie. Les deux premières jeunes filles arrivées à l’accueil parlaient en synchronie. Elles demandaient leur clé ; elles avaient envie de se confier. Le groupe latin a passé l’après midi à la Tour Eiffel. Le moins qu’on puisse dire est que ce monument est merveilleux ! Il est devenu comme le lieu de pèlerinage universel. En regardant les foules apprécient la splendeur de cet édifice, on se dit que Paris est incontestablement une ville sainte.
    J’étais vraiment surpris par la triste nouvelle. En effet, Les deux jeunes filles parlaient avec leur voix cassées par la tristesse et de temps à autre rehaussée d’affolement : « Au moment où nous faisions notre visite, il y a une jeune personne qui s’est jeté de la Tour Eiffel». Elles rajoutaient avec une grimace proche de la nausée : « Aïe ! Nous l’avons vu tomber, quelle scène horrible ! ». Juste après, le reste du groupe est arrivé. On dirait que l’énergie flamboyante de leur présence habituelle était, tout un coup, absorbée par le choc qu’il venait de vivre. Tous les élèves étaient troublés et attristés. Les deux professeurs m’en dirent davantage sur cette scène écoeurante à la quelle ils venaient d’assister juste quelques minutes auparavant. J’écoutais l’histoire, en visualisant la scène d’horreur authentique, avec attention et empathie. Que dire de cette personne qui a mit fin à ses jours. On ne peut que supposer que cette personne en détresse est arrivée au résultat du type: « A partir de cet instant, je choisis la mort car la vie n’a plus aucun sens! »
    La nuit était bruyante à hôtel contrairement aux jours d’avant où le calme est habituellement le grand maître des lieux. Après ce fait divers atroce dont ils étaient témoins, les jeunes vacanciers avaient besoin de discuter entre eux pour exprimer leurs sensations. Ils se sont regroupés dans les chambres pour essayer d’apporter des éléments de réponse à l’acte de suicide de la jeune personne. D’après l’un des professeurs, ces rassemblements spontanés renforçaient le lien entre eux. Le sentiment d’union leur procurait vraisemblablement plus de force pour surpasser le choc subi de la journée.
    Le lendemain, le professeur était rassuré par les responsables de service des réservations de la Tour Eiffel. Le service lui a précisé que c’était le suicide d’une jeune fille âgée de vingt un ans. Les responsables indiquaient aussi qu’une cellule d’assistance psychologique des visiteurs est mise en place juste après l’incident.
    Malheureusement ce cas de suicide n’est pas un cas isolé dans le monde. Selon les estimations de l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS), en l'an 2000, à peu près 1 million de personnes se sont suicidées et 10 à 20 fois plus ont fait des tentatives de suicide à travers le monde. Ceci représente en moyenne une mort toutes les 40 secondes et une tentative toutes les 3 secondes. Ainsi, le constat doit être fait qu'il y a plus de morts par suicide que de morts provoquées par tous les conflits armés à travers le monde.
    On appelle suicide tout cas de mort qui résulte directement ou indirectement d’un acte, positif ou négatif, accompli par la victime elle-même et quelle savait devoir produire ce résultat. Telle était la définition de DURKEIM en 1897.
    Les causes du suicide :
    En ce qui concerne les causes profondes, d’après ce site
    http://www.doctissimo.fr/html/psychologie
    la plupart des spécialistes estiment qu'il en existe principalement quatre:

    • Une famille non communicante, désunie, repliée sur elle-même ; [/size]
    • Des transgressions majeures (incestes, climat incestueux, violence extrême) ;
    • Des antécédents familiaux (suicide dans l'entourage et l'histoire de la famille) ;
    • L'isolement et la solitude (difficulté à s'insérer dans la vie sociale).

      Que faut-il faire pour la prévention ?
      Le premier pas qu’il faut faire est de s’informer auprès des professionnels.
      L'UNPS (Union nationale de Prévention du Suicide) regroupe 24 associations dont le but est de prévenir le suicide, aider et informer les proches et les soignants
      Union nationale de Prévention du Suicide
      4 place Valois
      75001 PARIS
      Tél. : 01 40 20 43 34
      Internet : www.infosuicide.org
      Selon Michel DEBOUT, Président de L’UNPS « Etre pour la prévention du suicide ne suppose pas que l’on soit contre le suicide. Il ne faut pas de nouvelles croisades, revenir au Moyen âge ou prétendre l’éradiquer de notre société. Il s’agit simplement d’être conscient qu’au-delà de la question morale, philosophique ou religieuse qu’il continuera toujours de poser, le geste suicidaire s’inscrit d’abord dans la détresse de la personne.
      Face à cette détresse, il y a sûrement un regard à porter, une main à tendre, une parole à entendre ; c’est peut-être même cela qu’attendent de nous ceux qui semblent n’attendre plus rien.
      C’est parce qu’il y a trop de rendez-vous manqués entre les vivants que certains n’envisagent plus que le rendez-vous avec la mort. »



    Pour conclure, je dirai que dans la vie, il y a tant de chose à faire, tant de chose à découvrir, tant de chose à comprendre, tant de gens à aider, tant d’amour à partager, tant d’espoir à donner… la vie vaut vraiment la peine d’être vécue ! Pour ma part, je me considère chanceux d’avoir au moins une preuve pour la vivre avec philosophie. Pour éviter ce genre de drame très lourd, il suffit peut-être d’un regard beau et magique à l’image de celui de ces jeunes vacanciers italiens plein de vie, d’amour et d’espoir. Prière ! Faisons de sorte que de tel regard resterait, en nous, comme une flamme allumée pour toujours !
    A bientôt.
    Hakim
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