Yessis n Teryel

Amuggar n Teqbayliyin - Forum des femmes kabyles


    Un homme ou une femme

    Partagez

    allouchehakim

    Masculin Nombre de messages : 56
    Age : 43
    Localisation : Paris
    Date d'inscription : 11/02/2007
    09082007

    Un homme ou une femme

    Message par allouchehakim

    Hommage à Selwa
    Un homme ou une femme
    Ce jour-là, j’ai reçu mon ami et son neveu à l’accueil de l’hôtel où je travaille. Mon ami est de Bretagne. Son neveu est étudiant en Alsace. Nous étions en train de discuter sur plusieurs sujets : le site de notre village natal « Ighil Ali » http://www.ighilali.net/ , la présence des Ottomans en Algérie dans l’histoire,…etc. Je suis en service à l’hôtel mais ça ne m’empêche pas de participer au débat avec mes amis. Le plus souvent, le téléphone de la réception sonne pour demander une information, faire une réservation, ouvrir la ligne à un client,…

    A un certain moment, tard dans la nuit, le calme a régné. Soudain, comme rarement vers trois heures du matin le téléphone sonne. Mon interlocuteur me parle avec un timbre de voix mystérieux. Je n’arrivais pas à distinguer si c’était un homme ou une femme ?
    J’ai pris le téléphone en répondant avec la formule habituelle :
    -Hôtel …. Bonsoir.
    La voix douce et tendre répondait
    -Boonsoirrrr !
    Le doute est semé laissant naître en moi une interrogation : est-ce une femme ou un homme?
    -Bonsoir, je vous écoute
    -Tout à l’heure, je suis passé à côté de l’accueil de votre hôtel ; Je vous ai vu en train de discuter avec vos amis…
    -Et alors, que puis-je pour vous ?
    Elle (ou il) continuait à parler sur un ton de séduction.
    -Je veux discuter un moment avec vous.
    -Je suis désolé de vous dire que la ligne est professionnelle. Vous pouvez venir à l’accueil discuter avec mes amis et moi. Vous êtes bienvenue. Je suis dans l’obligation de libérer la ligne, au revoir !

    Je dis à mes amis que c’est vraiment étrange ! Depuis que je travaille à ce poste, c’est la première fois que ça m’arrive. Ils étaient eux aussi dans l’incompréhension.

    Le lendemain, à la même heure, le téléphone sonne. J’appréhendais que ça soit la même voix étrange qui soit à l’autre bout du fil. En effet, après ma présentation classique et habituelle, aussitôt elle (ou il) me répond:
    -Je suis Selwa.
    La première fois, j’ai cru que c’est l’une des femmes de chambre dénommée « Jeanna » travaillant à l’hôtel. Je lui répondais, alors, avec spontanéité.
    -Ah ! C’est Jeanna, comment vas-tu ?
    -Non, je suis Selwa.
    J’ai entendu, une seconde fois, par erreur « Liina », la réceptionniste qui me remplacerait le matin.
    -Excuse moi Liina, ça va !
    La voix féminine inconsidérément biaisée prononçait plus explicitement les syllabes de son prénom.
    -Selllewaaaa !
    C’est à ce moment-là que j’ai confirmé ma première appréhension.
    - Désolé d’avoir mis tout ce temps pour deviner enfin votre prénom. Que puis-je pour vous ?
    -Je ne suis pas loin. Je suis à vingt mètre de l’hôtel. Mon envie est de discuter un moment avec toi.
    -Eh bien, vous pouvez venir à l’accueil. Ne craignez rien, je suis quelqu’un de gentil. Je vous rappelle, encore une fois, que cette ligne téléphonique est utilisée pour les communications professionnelles. Passez une bonne nuit!

    Deux jours après, vers quatre heures du matin, j’étais en train de préparer le petit déjeuner pour tout l’hôtel au premier étage. En descendant pour jeter un coup d’œil, en bas, à la réception, j’aperçois une belle créature me faisant signe à travers la grande vitre de la porte extérieure. Je m’approchais en lui ouvrant la porte. Elle (ou il) voulait rentrer à l’intérieur.
    -Est-ce que je peux rentrer ?
    -Vous êtes Selwa.
    -Comment vous m’avez reconnu ?
    -J’ai reconnu instantanément votre voix.

    On aurait dit une belle danseuse professionnelle des grands cabarets parisiens. Elle avait des yeux allumés comme des feux verts. Ses beaux cheveux noirs avec une mèche blanche sur le côté, coupés au carré, cachaient quasiment tout son front. Elle (ou il) était habillé surtout en noir. Un foulard, fluide de couleur violet, entourait gracieusement son long cou. Je la laissais renter. Le gilet noir en cachemire, tombé au dessous de ses épaules, porté avec tendresse comme un châle donnait l’impression que l’air était frais. Et pourtant la chaleur de son corps assoiffé de l’odeur de sexe a subitement envahi le lieu. Sa démarche avec des longues jambes, appuyées en souplesse sur des talons aiguilles, me fait penser qu’elle est mannequin.

    -Est-ce que je peux m’asseoir ?
    -Installez-vous; je vous en prie.
    Elle (ou il) s’est installé(e) à la table de fond. Je l’écoutais debout au milieu de la salle d’accueil. Elle (ou il) ne pouvait échanger avec moi un regard sans s’impliquer davantage pour faire un geste pour me séduire.
    - Vous êtes de quelle origine ?
    -Je suis de chez toi.
    Sur le champ, je ne voulais pas croire. Je me suis dis que cette personne connaît tout de moi.
    Après un moment de silence où je voulais voir l’âme dissimulée derrière ce corps en scène, elle (ou il) me disait
    -Comment vous me trouvez ?
    -Vous avez une âme d’artiste
    Ses yeux fuyaient astucieusement les miens. On aurait dit que sa timidité s’est d’un coup dévoilée. Le contraste de son comportement partagé entre celui d’une femme et celui d’un homme était très dense.
    Elle (ou il) demandait avec son attitude empressée
    -Avez-vous des toilettes ?
    -Oui, elles sont à côté de vous.
    Selwa s’est levé(e) pour faire quelques pas en m’invitant d’un geste du menton à la (le) suivre à salle de bain. Elle (ou il) basculait sa tête en arrière avec élégance. Ses doigts fins aux longs ongles peignaient sa chevelure noire et éclatante. Avec attention, à ma grande surprise, elle (ou il) remontait sa jupe noire, les plis semblables à ceux des jupes portées par les écossais. Elle (ou il) avait un string blanc dissimulé entre de grosses fesses. Devant son exhibition ahurissante, j’ai réussi à rester sans bouger d’un poil avec la sérénité d’un yogi.
    Avec calme et assurance, je lui dis
    -S’il vous plait, vous êtes dans mon lieu de travail, je vous prie de partir.
    -Je ne veux pas sortir s’il y a des voitures en marche dans la rue.
    Je l’ai rassuré en lui montrant qu’il n’y avait réellement aucune voiture dehors. Elle (ou il) voulait sortir vraisemblablement en toute discrétion.

    Vers sept heures du matin avant l’arrivée de ma remplaçante, le téléphone a sonné une nouvelle fois.
    -Je suis Selwa, j’habite juste à côté. Venez chez moi, je vous attends. Vous sortez à quelle heure ?
    -J’ai ma copine qui m’attends aussi chaque matin avec impatience. Nous prenons ensemble le petit déjeuner avec amour et tendresse. Je fais pour vous une prière afin que vous trouviez une âme sœur pleine d’affection. Bonne journée !

    Comme chaque matin, le livreur de linge est la première personne que je reçois. Un homme d’une quarantaine d’années. Il est réunionnais. Il arrive avec son grand camion semi-remorque pour livrer deux à trois chariots de linge propre et récupère également le sale. C’est toujours agréable de lui offrir le petit déjeuner de bon matin. Nous discutons quelques minutes le temps qu’il prenne son café.

    Pour lui changer un peu les idées, d’autant plus qu’il s’est assis à la même place que Selwa, je lui raconté l’histoire.
    En arrivant à la scène de la salle de bain, il me disait :
    -Ne me dis que t’a vu le string
    -Je t’assure que Oui ! Un string blanc en dentelle fine sur les côtés.
    Mon ami le livreur fermait ses yeux en respirant profondément en me disant
    -Mais moi à ta place, je vais être malade.
    -HA ! Ha ! HA ! HA ! Ha ! HA !
    -Je n’ai pas intérêt à raconter ça à ma femme. C’est sûr que je me retrouverai dehors. T’as vue vraiment son string mais moi, je vais tomber !
    -Ah bon ! HA ! Ha ! HA ! HA ! Ha ! HA !
    - HA ! Ha ! HA ! HA ! Ha ! HA !
    Je ferme la grande porte de l’hôtel en lui souhaitant de passer une belle journée.
    -A demain !
    -Bonne journée !

    Après quelques jours, je consultais le site de mon village natal. Je suis resté vraiment stupéfait de voir les photos prises par un ami lors d’un hommage pour une grande dame de chez moi. En effet, j’ai constaté les traits de ressemblance identiques avec Selwa habillé(e), cette fois-ci, avec un joli costume et une belle cravate. Elle (il) avait même une paire de moustache gracieuse. Je ne peux pas confirmer qu’elle serait vraie.

    Bon vent !Wink
    Partager cet article sur : Excite BookmarksDiggRedditDel.icio.usGoogleLiveSlashdotNetscapeTechnoratiStumbleUponNewsvineFurlYahooSmarking

    Message le Jeu 9 Aoû - 12:52 par fraka

    Azul.

    Ah!! souvenirs d'amour et de tendresse...Il me revient en mémoire l'anniversaire de nos quarante ans de mariage, lorsque toute émue cette femme avec laquelle j'avais emprunté tant de chemins, bons ou mauvais, me demanda rosissante de prendre le petit déjeûner nus en souvenir de nos ébats d'antan. Lorsqu'aussi elle me déclara que cette nudité lui rappelait nos nuits exaltées et qu'elle en avait les tétons tout chauds...Ais-je bien fait de lui faire remarquer ce jour là, salaud que je suis, que c'était normal vu qu'elle en avait un dans le grille pain et l'autre dans son bol de café? (Au lait...)

    Avais-je le droit de ruiner cet émoi érotique? Me voici donc condamné à vivre seul. Et je me demande déjà avec qui...

    Ar tafat.

      La date/heure actuelle est Sam 25 Fév - 8:50