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    L'Amande, un récit érotique

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    louisa
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    Nombre de messages : 262
    Date d'inscription : 02/01/2007
    09082007

    L'Amande, un récit érotique

    Message par louisa

    Azul,

    Dans un de mes messages, j'ai fait allusion à des romans érotiques qui ont fait parler les critiques littéraires en Occident (La vie sexuelle de Catherine M. , Putain).

    Aujourd'hui, je vous fait une petite présentation d'un roman que j'ai découvert l'année passée par hasard: L'Amande, un récit érotique écrit par une femme nord-africaine (le 1er récit érotique d'une femme arabe, disent les promotions).

    L'Amande est le titre d'un roman signé Nedjma. Il s'agit bien entendu d'un pseudonyme.

    L'auteur se présente comme une arabo-berbère , âgée de 40 ans et de confession musulmane.

    L'héroine de l'histoire, qui se déroule au Maroc, s'appelle Badra bent Salah, née à Imchouk, à 3/4 berbère, précise-t-elle. À 17 ans, on la marie de force. Le roman raconte, avec un réalisme bouleversant, sa nuit de noces.

    Un jour, après 5 années de calvaire, elle décide de fuguer et s'en va dans la grande ville de Tanger chez sa tante Selma (qui n'a rien du travesti du jour! lol).

    «..j'ai continué tous les soirs, sauf quand j'avais mes affaires, à écarter les jambes pour un bouc quadragénaire qui voulait des enfants et ne pouvait en avoir. Je n'étais pas autorisée à me laver après nos sinistres ébats, ma belle-mère m'ayant ordonné, dès le lendemain des noces, de garder la «précieuse semence» en moi pour tomber enceinte. » (p.40-41)

    Elle y fait la rencontre d'un homme, Driss, un médecin riche, qui l'éveillera à l'amour, à la sexualité, à la sensualité et au jeu érotique. Plus qu'à la découverte de son corps, cet amant «vénéneux et raffiné» la conduira à vivre une sexualité débridée, dans le secret des ruelles et maisons de Tanger.

    Au-delà de l'histoire de Badra, le récit recèle quelques belles, bouleversantes et troublantes pages «anthropologiques» sur la nuit de noces, l'éveil à la sexualité des petits enfants, l'univers des femmes dans le Imchouk rural.

    Badra a un langage cru, parfois carrément obscène. La franchise érotique se la dispute à la colère. Et la poésie à une grande culture.

    Qu'importe ce qu'on dira sur la valeur du roman, il est un pamphlet juste, réaliste et poignant sur la condition de la femme et la misère sexuelle dans un pays d'islam.

    Un extrait d'une grande «verdeur»: «...moi Badra, décrète n'être sûre que d'une chose: c'est moi qui ai le con le plus beau de la terre, le meiux dessiné, le plus rebondi, le plus profond, le plus chaud, le plus baveux, le plus bruyant, le plus parfumé, le plus chantant, le plus friand de bites quand les bites se lèvent tels des harpons.». Elle fait cette réponse à Cheikh Nefzaoui, le sexologue attitré des palais, qui écrit dans son célèbre traité d'érotologie, Le Jardin parfumé: «Louange à Dieu qui créa les verges droites comme des lances, pour guerroyer dans les vagins....».




    L.

    N.B. Le roman existe aussi dans un autre format, aux éditions Plon, sans cette couverture racolleuse.

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    «Je cherche des géants et je ne trouve que des hommes, me disait jadis une amie.» Le Deuxième Sexe. Simone de Beauvoir.
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