Yessis n Teryel

Amuggar n Teqbayliyin - Forum des femmes kabyles


    La chanson d'amour féminine : Codes et non dits

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    taninna

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    La chanson d'amour féminine : Codes et non dits

    Message par taninna

    Azul !

    Plus qu'un post unique, je voudrais engager une réflexion commune avec vous sur la chanson féminine kabyle!

    Selon vous quels codes la régissent ?

    Pourquoi par exemple aucune femme n'a jamais chanté le prénom d'un homme préférant au contraire les noms d'oiseaux ou les symboles pour le nommer !

    Je suis curieuse de cela car j'ai enregistré un single qui doit paraitre bientot 'qui est le titre phare dont je parlais plus tot' et dont le titre est un prénom masculin. je suis curieuse de savoir quelle sera la réaction du public !

    merci geek
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    Message le Lun 13 Aoû - 5:25 par louisa

    Azul Taninna, ak,


    Voilà un thème d'une grande pertinence. Peut-être que ta connaissance de la chanson kabyle nous aidera à mieux cerner la question.

    Pour ma part, je vais me «risquer» à quelques «réflexions», sans grande prétention. Ma connaissance de la chanson féminine kabyle (et même la chanson kabyle de manière générale) est très parcellaire et pas du tout ecclectique.

    Voilà mon petit portrait de la chanson féminine kabyle, en lien avec la condition de la femme kabyle.

    - la 1re vague des «chanteuses»: Hnifa, Bahia Farah, Cherifa...

    Elles ont vécu leur «passion» (ou métier) dans la marge (comme les chanteurs hommes, je pense). Elles (Hnifa, que je connais mieux) ont chanté plutôt la trahison, l'amour «piégé» dans une société où l'amour, surtout assumé pleinement dans toutes ses dimensions, ne faisait pas partie du référentiel culturel et où les membres sont très «pudiques» sur la question. Je pense notamment à la chanson d'amour de Bahia Farah (avec S. Azem, je crois): nek yidem. D'une pudeur et d'une naiveté! Pourtant, ça devait être un exploit pour l'époque!
    Autre thématique privilégiée: l'exil. Aussi, les références à la religion, à la fatalité sont très présentes (Cherifa surtout).

    - la «vague» de Nouara: celle qui a chanté la chanson phare de la condition féminine kabyle, Tassadit...
    le parcours personnel de cette chanteuse est à lui seul un morceau anthropologique sur la situation de la femme chanteuse, son droit à l'amour et au libre choix!
    Nouara, celle qui a chanté l'oppression de la femme se retrouve aujour d'aujourd'hui....voilée!

    - Le groupe Djurdjura (et Djura): à mon avis, première chanteuse «kabyle» à poser la revendication des droits des femmes en des termes modernes!
    l'autre mérite, selon moi, de ce groupe-chanteuse, est d'avoir allié la thématique de l'identité amazighe et la revendication féministe.

    - Malika Domrane: elle est, pour moi, celle qui a brisé les tabous de la sexualité, de l'érotisme et du droit de la femme à exprimer ses désirs, dans un langage imagé mais accessible, authentique. elle a une place à part...

    - la chanson kabyle toute contemporaine: j'avoue mes lacunes dans ce domaine...
    Il m'a été donné de voir une vidéo de Zahra, qui m'a émue, tant elle chante le pessimisme et le désespoir. Aussi, Nadia At Mansour, dont la thématique principale est la quête spirituelle.

    Bien entendu, sur la femme, on ne peut passer sous silence la chanson sublime de Idir, Uh a weltma (paroles de Ben Mohamed je crois).

    Bref, les chanteuses kabyles, si on ne peut ignorer leurs extraordinaires réalisations, n'ont pas vraiment saisi leur outil pour briser les tabous et secouer le couscoussier. Bien sûr, mon jugement peut paraître sévère. Il est en tout cas très partiel! L'exemple que tu donnes en est le meilleur exemple: pourquoi aucune d'entre elles n'a «osé» interpeller son amour?

    Cela rejoint une pratique culturelle, une caractéristique sociologique: dans ce monde où les hommes et les femmes ne se parlent pas, la femme ne peut interpeller «son homme». L'homme kabyle ne dit-il pas «tmghart-iw» pour désigner sa conjointe?

    On revient de loin...

    Au plaisir, Taninna, de pousuivre l'échange. Je suis sûre que tu as des choses à nous apprendre...

    Louisa
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    Message le Lun 20 Aoû - 21:04 par louisa

    Nouara, n'zâ n tayri, le murmure de l'amour,


    Nouara, celle qui a le mieux chanté les affres de l'amour et de la trahison de l'être aimé, le désir de liberté et le poids de la fatalité;

    Nouara, l'amour chanté avec des mots aériens pour des destins tragiques;

    Nouara, une voix qui fend le coeur pour en sortir les murmures intérieurs;

    Nouara, l'amour chanté avec pudeur mais force imagée, l'amour écorché, volé à la rigueur du tempérament kabyle;


    Nouara, une époque, une ontologie de «l'âme kabyle», un destin de femme ratrappée par l'amour coupable, dans un pays soumis aux ravages du désamour...

    Une chanson d'elle:

    http://www.dailymotion.com/video/x2f6hc_nouara-awal-elhob_music

    Celles-ceux qui, comme moi, connaissent auraient un soupir nostalgique sur le temps où l'amour était rebellion. Pour celles-ceux qui ne la connaissent pas, prenez le temps de la découvrir.

    Et pour mon propre plaisir, ce duo avec Crif Xeddam:
    http://www.dailymotion.com/related/4067472/video/x12y1s_newarra-d-crif-xeddam_music

    I hemlegh a demek'tigh ghas tagadegh af uliw....

    Message le Mar 21 Aoû - 17:58 par Ferratus

    Bonsoir,

    Hors sujet, peut être ! j'ai apprécié la précédente photo de la page d’accueil de yesssis n teryel. Je veux dire que j’apprécie la photo de cette jeune femme berbère fière de l’être. Je la mets en fond d’écran. Bizarrement j’a rarement d’accointances politiques avec l’objet de mes désires mais quant c’est une Berbère presque virginale qui semble incarner mon idéal et EROS, je Bande ! je sais que je me raconte des histoires mais j’aime, qui sais............................... ……………………envisager …… rêver …………..

    JE SUIS DUPE DE MES DESIRES MAIS PAS DES AUTRES.............


    Dernière édition par le Sam 1 Sep - 12:42, édité 1 fois

    Message le Mer 22 Aoû - 19:46 par windejjatmeziant

    Azul,
    Il est clair que tu es hors sujet surtout s agissant des lamentations d un homme alors que la questions est de s epancher, je cite taninna, sur "une réflexion sur la chanson féminine kabyle" .
    Tu n en as meme pas fait une chanson pour femme. Comme homme, je ne m y retrouve pas non plus :-).
    Ah oui, c est vrai que tu nous as prevenu que tu etais hors sujet.
    Pour la photo, je trouve que la femme chante une belle chanson de l amour de soi. Elle est toute belle, rebelle, u mazal! Mais, est elle kabyle?
    Taninna, pour le moment, j apprecie la chanson feminime kabyle, je ne puis me prononcer au dela du fait que lorsqu une femme kabyle chante, c est tout le peuple kabyle qui chante avec elle.
    Chante femme kabyle, chante! (un beau titre de chanson, non?)
    W.

    Ferratus a écrit:Bonsoir,

    Hors sujet, peut être ! j'ai apprécié la précédente photo de la page d’accueil de yesssis n teryel. Je veux dire que j’apprécie la photo de cette jeune femme berbère fière de l’être. Je la mets en fond d’écran. Bizarrement j’a rarement d’accointances politiques avec l’objet de mes désires mais quant c’est une Berbère presque virginale qui semble incarner mon idéal et EROS, je Bande et je sui prêt à lui laver les pieds ! je sais que je me raconte des histoires mais j’aime, qui sais............................... ……………………envisager …… rêver …………..

    JE SUIS DUPE DE MES DESIRES MAIS PAS DES AUTRES.............

    Message le Mer 29 Aoû - 6:25 par taninna

    Azul ak

    Effectivement lorsque la femme kabyle chante, c'est un tout un peuple qui s'exprime. en cela qu'elle doit passer tous les jalons imposés par la société pour en arriver là.

    Combien de grandes dames se sont vues ainsi reniées car chanter était acquis comme le plus vil des métiers (peut être autant que les nègres-esclaves et les bouchers : adebbal agezzar akli)

    Aujourd'hui les choses n'ont pas vraiment changées même si Domrane Djura Zohra (as yaEfu rebbi) ont un peu ouvert la brèche ... dans laquelle, les toutes jeunes malika yami yasmina, dina yenni, massa bouchafa ont pu s'engouffrer.

    Mais dans le même temps, la modernité nous est pas encore acquise. Aussi moderne que soit la musique de malika domrane, les thèmes restent vieux et parfois sociétalement claniques sauf dans le cas je le concède de l'érotisme où elle excelle agréablement :-)
    Elle n'est pas la seule : Bouchafa c'est la même. Serait ce parceque c'est son mari qui écrit !
    Je me souviens quand j'étais plus jeune, je me plaignais du fait que les femmes kabyles ne chantaient qu'af lhif. C'était sans compter sur l'exutoire que cela représente pour elles. J'écoute aujourd'hui Nna Ccrifa et Zohra d'un autre oeil.

    Il y a Djura effectivement et plus récemment Ines Mazal dont les thématiques sont très modernes. mais ont elles vraiment percé pour autant !
    Djura a cartonné dans les 70/80 en Occident et dans la diaspora pour les mélomanes avertis kabyles ou non (à l'instar d'Idir) longtemps interdits en algérie, leurs albums ne se trouvaient qu'au marché noir !
    Questionnez aujourd'hui un jeune kabyle de mon age né en Algérie, il est fort à parier qu'il ne connait pas du tout Djura, sauf s'il est mélomane et qu'il aime le moderne ...

    Très longtemps j'ai été fustigée du fait que jamais au grand jamais je ne suis montée sur scène en robe kabyle, voulant rompre avec les clichés débiles de robe kabyle axelxal d ddah.
    Il y a 10 ans marseille, espace julien première partie de Ferhat !
    J'y vois un petit bout de femme que je ne connaissais pas. Il s'agissait de Mme LOUISA, la voyante qui sévissait à l'époque sur radio beur qui avait fait le déplacement. Après ma prestation, elle est venue me féliciter me fait une bise (réelle) et une gifle (image) en même temps en me disant je n'ai qu'un tout petit reproche à te faire (qui en était un gros en fait) MAIS POURQUOI TU NE METS PAS UNE ROBE KABYLE une chanteuse kabyle doit mettre une robe kabyle c'est bien plus joli etc etc etc ...

    Ce à quoi je réponds : Et pourquoi tu demandes pas à FERHAT de mettre un burnous ? Si chanter doit s'apparer aussi d'une tenue, pourquoi juste les femmes

    A suivre ...

    tan'

    Message le Lun 18 Fév - 15:24 par Massilia

    Azul a Tanina,

    Tu as raison.. la culture kabyle ce n'est pas une affaire de robe ! souvent, on resttreint notre culture à ces couleurs exotiques et à la danse pieds nus..mais comme dirait ma grand mère qui avait ramassé les olives pieds nus en plein hivers, c'était la pauvreté.. pas un penchant extravagant à montrer ses orteils sur agriss..
    Tu as raison aussi de souligner qu'on ne fait pas la même remarque aux hommes sur le port u varnus..

    Tu as le droit de chanter avec tes habits de tous les jours, parce que la femme que tu es aujourd'hui, porte ces habits là. personne n'ira faire remarquer aux jeunes camargaises de pas porter la robe du 18ème siècle ! mais on fera la même remarque à une népalaise.. c'est l'ambiguïté de l'occident dans son discours universaliste.. A eux, le progrès et aux peuples du Sud le folklore...Il ne s'agit pas de rejetter cette partie de notre histoire, de notre culture vestimentaire..nous avons le devoir de les sauvegarder mais nous enfermer dedans serait vraiment une bêtise. Je porte quelquefois la robe kabyle en ville.. disant, que ça ne passe pas inapperçu pourtant, je la porte courte, pratique ..

    Sur un registre différent, on a enfermé la femme kabyle dans le rôle de la Mamma, de la femme-mère martyre.. et dans ce forum, je ne sais qui avait écrit que l'amour que les femmes ne partageaient pas avec leurs conjoints, elles le transféraient sur leurs enfants mâles.. seulement, cet amour ne doit pas être le même sinon, c'est incestieux..

    Alors, chère Tanina, si tu as envie d'interpeller "ton amoureux" dans une chanson, vas-y.. il faut bien une fille de "teryel" pour briser le tabou et commencer.. Dis lui toutes ces choses que toutes nous rêvons de dire mais notre langue intimidée ne sait pas les prononcer en kabyle.. je n'ai jamais dit "hamleghk" ! je crois que ça me ferait trop pleurer...

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